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Grande conso

Burger King, Léon, Hippopotamus… l’empire d’Olivier Bertrand bientôt en quête d’un nouvel actionnaire

L’imposant réseau de 1 200 restaurants de Bertrand Franchise pourrait enregistrer la sortie de Bridgepoint d’ici fin 2026 ou début 2027.

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ALEKSANDER KALKA / NurPhoto via AFP

Incontournable dans l’Hexagone, Olivier Bertrand veut changer d’échelle. Le fondateur et président du Groupe Bertrand vise désormais l’Europe pour poursuivre le développement de sa filiale Bertrand Franchise - regroupant Burger King France, Au Bureau, Hippopotamus, Léon, Volfoni, Pitaya, Joyo, Chik’Chill, Le Paradis du Fruit, Hanoï Cà Phê et Meatpack Steakhouse. Selon nos informations, le groupe à l’imposant réseau de 1 200 restaurants s’intéresse en effet à des rachats ciblés, notamment en Belgique et au Luxembourg.

Cette volonté de développement européen devrait amener Bertrand Franchise à opérer un changement majeur dans son actionnariat entre fin 2026 et début 2027. Selon nos informations, Bridgepoint, partenaire financier de l’entrepreneur à succès depuis 2018, prépare la cession de sa participation de 25 % dans le réseau de restaurants aux 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires sous enseigne, animé à près de 90 % par des franchisés. La plupart des grandes banques d’affaires de la place ont candidaté pour orchestrer la vente. Les noms de Rothschild & Co, d’Evercore, de Houlihan Lokey ou bien encore de BNP Paribas circulent avec insistance, en raison de leurs liens historiques avec Olivier Bertrand ou le groupe. Mais aucun mandat n’a, à ce jour, été formellement attribué.

« Bertrand Franchise veut trouver un partenaire pour financer ses ambitions des cinq prochaines années, note un financier. Son expansion sur le continent devra toutefois se faire en bonne intelligence avec l’américain RBI, le propriétaire de la marque Burger King au niveau mondial. » Dans les faits, ce dernier peut décider unilatéralement de s’opposer à un rapprochement avec un autre franchiseur s’il considère, par exemple, que cela donnerait trop de poids au Français et pourrait nuire à ses propres intérêts. « Avec Burger King France (Ndlr, qui représente les deux tiers de l’Ebitda de Bertrand Franchise) Olivier Bertrand est déjà devenu le premier partenaire mondial de RBI en valeur, mais il est considéré comme aguerri et prudent », tempère un autre. 

En 2023, Bertrand Franchise avait obtenu un financement hybride de 458 millions d’euros de Goldman Sachs Asset Management et d’Alpinvest, pour notamment refinancer les titres de créance historiquement détenus par Bridgepoint - lequel cherchait initialement à sortir du capital. Mais la firme d’investissement cotée au London Stock Exchange avait finalement rempilé pour un tour, participant ainsi à l’intégration de Burger King France dans Bertrand Franchise, révélée par l’Informé en 2023, et à l’agrandissement du réseau. Pour la suite, Bridgepoint va devoir être remplacée par un investisseur aux poches profondes. Bertrand Franchise, qui avait levé 1,15 milliard d’euros en obligations en 2024 pour refinancer des dettes logées au niveau de Burger King France et de Groupe Flo, n’a plus de marge de manœuvre pour continuer à accroître son endettement.

Selon une note de Moody’s publiée en décembre 2025, Bertrand Franchise totalisait 950 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 284 millions d’euros d’Ebitda à fin septembre, sur douze mois glissants. Le résultat est resté stable sur un an malgré l’agrandissement du réseau, pénalisé par une morosité de la consommation et la hausse des coûts (à l’instar du prix de la viande). L’agence de notation tablait sur une légère augmentation de l’Ebitda à 320 millions pour 2026. « La croissance est repartie au second semestre 2025 mais les pressions inflationnistes de ce début d’année risquent cependant de compliquer la tâche à Bertrand Franchise, estime un banquier. Les prochains mois vont être scrutés de près par Bridgepoint. »

Contactée, la direction de Groupe Bertrand n’a pas répondu à nos sollicitations.