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Grande conso

Avec Naturalia, Casino a du pain sur la planche

L’enseigne bio du groupe stéphanois accumule les pertes et son expansion patine. Pas l’idéal pour séduire les candidats à la franchise.

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RICCARDO MILANI / Hans Lucas via AFP

Le 5 novembre dernier, Philippe Palazzi, le nouveau patron du groupe Casino, réunissait la presse pour faire le point sur une enseigne phare de son (petit) empire : Naturalia. Accompagné du directeur général de la chaîne bio, Richard Jolivet, le dirigeant s’est voulu résolument positif : dans le sillage d’un redémarrage de l’agriculture biologique, les ventes du réseau ont progressé de 5 % depuis le début de l’année (par rapport à la même période il y a un an), les volumes progressent, le dernier concept maison lancé en 2023, « la Ferme », démarre bien… Voilà pour le côté pile. Mais, selon les chiffres obtenus par l’Informé, la situation financière reste en réalité plutôt fragile. Naturalia France, l’entité qui gère les magasins en propre du réseau (170 sur un total de 232 adresses), par ailleurs filiale de Monoprix, a accumulé d’importantes pertes lors des deux derniers exercices : elles s’élevaient à 25 millions en 2022, et même à 36,7 millions en 2023 pour un chiffre d’affaires de 300 millions.  « Le marché bio a certes beaucoup souffert pendant deux ans, mais il y a aussi des problèmes propres à Casino et Naturalia, explique à l’Informé Clément Genelot, analyste financier spécialisé sur la distribution chez Bryan, Garnier & Co. Le manque d’investissement en magasin, des fournisseurs certainement payés en retard pendant un moment qui ont fini par moins livrer l’enseigne comme cela s’est vu ailleurs au sein du groupe Casino, ou encore la dérive des prix qui se ressent sur les ventes. »