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Continuer la lectureAndersen revient en France avec le cabinet d’affaires PDGB… qui perd cinq associés
Offre professionnelleLe cabinet d’avocats parisien ouvre une nouvelle structure à Paris sous l’égide de l’ancien Arthur Andersen. Mais de nombreux partners ne suivront pas le mouvement.
Né en 1985, le cabinet d’affaires PDGB semble frappé par un des symptômes les plus courants de la crise de la quarantaine : la volonté de changements. Ces derniers mois, la société d’avocats a amorcé une profonde réflexion quant à son positionnement sur le marché et mis en œuvre une série de bouleversements. Au premier chef desquels, le lancement d’une nouvelle structure, sous l’égide d’une grande firme américaine, Andersen Global, héritière de l’ancien « big five » Arthur Andersen tombé à la suite du scandale Enron. Selon nos informations, ce cabinet fraîchement créé doit permettre à la célèbre société d’audit de faire son grand retour sur la place de Paris. Sept ans après avoir quitté la France.
Pour ce come-back, le groupe US a frappé à la porte de Me Benoît Dambre, associé de PDGB depuis plus de quinze ans. Ce fiscaliste chevronné avait auparavant exercé durant une décennie chez Deloitte, où il s’est constitué l’expérience et le carnet d’adresses propres à ces grosses firmes mondiales. Nommé gérant de la nouvelle entité, nommée « Andersen société d’avocats », l’homme de loi salue ce rapprochement avec le célèbre cabinet. « Nous travaillons ensemble depuis 2023 dans le cadre d’un accord de collaboration, indique-t-il à l’Informé. Il est temps de passer le cap et de donner à ce partenariat une nouvelle dimension. »
Une étape nécessaire selon lui pour s’étendre à l’étranger. « PDGB a atteint son point fort et le marché français est limité, c’est à l’international qu’il y a des opportunités de croissance et que nos clients ont des besoins, sachant que l’export représente 80 % de leur chiffre d’affaires, souffle l’avocat. Andersen, c’est le meilleur des deux mondes : l’indépendance et l’international. C’est un réseau de premier plan, qui correspond à notre ADN. » PDGB a historiquement une forte coloration fiscale, étant lui-même né d’un spin-off du cabinet CMS Francis Lefebvre, une des références dans le domaine. Me Benoît Dambre y a d’ailleurs fait ses premières armes.
Selon la robe noire, l’objectif est de constituer une équipe de 80 à 100 professionnels du droit, dont une vingtaine d’associés. Quitte à accueillir de nouvelles recrues, notamment dans des domaines qui ne sont aujourd’hui pas couverts par PDGB. Mais que va-t-il rester de la boutique historique ? Ses effectifs vont-ils basculer dans la nouvelle structure ? Pour l’instant, différentes sources nous indiquent que les modalités d’articulation des deux entités sont toujours en cours de discussion.
Une chose est sûre : tous les associés actuels de PDGB ne feront pas partie de l’aventure. Selon nos informations, cinq d’entre eux ont fait le choix de quitter le navire pour fonder leur propre boutique. Parmi eux, il y a des historiques, comme Me Roy Arakelian, figure de la structure en M&A, et Me Thierry Jestin, en droit fiscal, qui ont l’habitude de travailler en binôme sur des dossiers depuis longtemps, et ont même pu assurer la gestion de PDGB. À leurs côtés, Me Denis Agranier, associé de longue date en droit social, fait aussi ses cartons. Ils sont suivis par deux autres confrères, Me Benoît Descours, spécialiste du contentieux, qui les avait déjà rejoints chez PDGB il y a deux ans, et Me Benjamin Jacob, qui s’occupe dans le cabinet de la pratique IP.
Des deux côtés, on tient à préciser que ces départs, effectifs en septembre prochain, se font en bons termes. « C’est un groupe qui ne se retrouve pas dans le modèle de croissance que nous avons mis en place », indique simplement Me Benoît Dambre. Depuis quelques mois, la structure affiche la volonté de s’agrandir : il y a bien sûr ce projet aux côtés d’Andersen, mais des pistes de rapprochement avec un autre cabinet français de même taille ont un temps été évoquées.
« Les mouvements de fusion, c’est la tendance du marché, indique Me Philippe Julien, un des deux managing partner de PDGB. Il faut grossir car les petits acteurs ont du mal à financer les projets essentiels au développement du métier aujourd’hui, que ce soit l’IA ou le côté “regulatory”, très important dans ce secteur. Ces évolutions coûtent cher, et quand on voit les investissements énormes que font les firmes internationales sur ces aspects-là, on ne peut pas se contenter du statu quo. »
À l’écouter, l’entreprise a réalisé de bons chiffres en 2025, malgré de gros départs depuis deux ans : si Vincent Garcia en droit fiscal, ou Patricia Gomez-Talimi, qui exerçait en droit social depuis vingt ans chez PDGB, ont quitté l’équipe, le cabinet a pu compter sur de nouvelles recrues, comme Guillaume Mezache, associé en M&A depuis huit mois. « Et nous sommes en discussion avec des talents pour faire de la croissance externe », précise Me Philippe Julien. L’avocat cite également le partenariat historique avec Terralex, tout juste renouvelé : « C’est aussi un relais de croissance important pour nous. »
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