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Continuer la lectureRéorganisation du nucléaire d’EDF : le calendrier se précise
Le PDG du groupe, Luc Rémont, donnera en avril le « go » au déploiement de la nouvelle organisation des activités nucléaires du groupe.
Luc Rémont prend son temps. Nommé à la tête du groupe public en septembre 2022, le PDG ne devrait donner le feu vert à la mise en place d’une nouvelle organisation des activités nucléaires qu’en avril prochain. Objectif de cette nouvelle mouture, en réflexion depuis l’été ? Donner à EDF les moyens de mener à bien le colossal programme qui l’attend : l’exploitation et la modernisation du parc actuel des 56 centrales nucléaires tricolores, la mise en service de l’EPR de Flamanville, le lancement des six premières tranches des réacteurs EPR2, la construction de l’EPR britannique d’Hinkley Point, l’accélération des projets en prospection à l’export, à Sizewell au Royaume-Uni, à Jaitapur en Inde ou en Europe de l’Est avec l’EPR 1 200, ainsi que le développement du petit réacteur modulaire (small modular reactor, SMR) Nuward…
Les choses avancent lentement, mais avancent. Depuis janvier, le projet de réorganisation est examiné par les partenaires sociaux dans le cadre d’une procédure d’information consultation, qui doit s’achever fin mars. C’est alors que Luc Rémont en lancera la mise en œuvre concrète. À cette date, les mutations des salariés concernés par cette refonte commenceront.
Ainsi que l’avait annoncé l’Informé, le principal changement concerne la mise en place d’une direction stratégie, technologies, innovation et développement (DIRES), chapeautée par Xavier Ursat, qui en plus de la vision de long terme et de la planification des programmes nucléaires, pilotera la maîtrise d’ouvrage (MOA). Autre modification clé : la création d’une future direction projets et construction, confiée à Thierry Le Mouroux, en charge de la maîtrise d’œuvre (MOE). L’actuelle direction de la production nucléaire et thermique (DPNT), placée sous la haute main de Cédric Lewandowski depuis 2019, continuera de superviser l’exploitation des centrales existantes. Si l’entité perd ses équipes d’ingénierie (voir notre article), elle abritera en revanche une nouvelle division programme et stratégie, dédiée à la MOA du parc existant. La direction ingénierie et supply chain, supervisée par Alain Tranzer se verra renforcée par l’intégration des ingénieries de la DPNT et du nouveau nucléaire, désormais rapprochées (voir notre article). Dernier pilier de cette refonte : le pôle industries et services, cornaqué par Bernard Fontana, patron de la filiale du groupe Framatome (lien article).
Le grand chambardement interne du nucléaire d’EDF s’achèvera début 2025, date à laquelle le groupe dressera un premier bilan de cette reconfiguration, déployée sous le contrôle serré de ces cinq top managers. Depuis septembre, le quintet en relaie les avancées tous les quinze jours aux autres membres du comité exécutif dans le cadre d’un comex nucléaire dédié. Une trentaine de groupes de travail planchent par ailleurs en parallèle pour affiner les contours de cette transformation (périmètre, fonctionnements, interfaces entre les entités…).