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Continuer la lecturePompes à chaleur : quatre grands fonds veulent une place au capital d’Atlantic
Le mois dernier, quatre offres ont été formellement remises pour racheter les 49 % de la famille Lamoure dans le champion tricolore des chauffe-eau, radiateurs et autres climatiseurs.
Jean-Marie Messier va-t-il réussir son pari ? Révélée au printemps dernier dans nos colonnes, la vente de 49 % du capital du champion tricolore des chauffe-eau, radiateurs et autres climatiseurs confiée à Messier & Associés n’avait rien d’une évidence. Vendeuse, la famille Lamoure, aussi conseillée par le cabinet d’avocat Darrois Villey, avait des intérêts divergents du clan Radat, également propriétaire de 49 % de cette grande ETI vendéenne de 13 000 collaborateurs et décidé à le rester. Les investisseurs s’étaient aussi montrés très prudents, comme l’ont illustré l’arrêt des négociations exclusives avec Ardian, en octobre 2023, et l’abandon d’EQT, qui a préféré jeter l’éponge alors que le processus de cession a repris des couleurs en ce début d’année. Mais selon plusieurs sources, le dossier pourrait aboutir dans les deux prochains mois. Quatre offres ont été déposées fin janvier par de grands fonds : Ardian, PAI Partners, CVC et ICG. Tous ont été invités à faire de nouvelles propositions la semaine dernière, pour tenter de faire grimper les enchères.
L’an dernier, Atlantic aurait affiché un Ebitda de près de 350 millions d’euros pour plus de 3,5 milliards de chiffre d’affaires, même si à ce stade les comptes ne sont officiellement pas encore consolidés. L’exercice n’a pas été évident : dans l’Hexagone, le business de la pompe à chaleur a pourtant été à la peine en 2023, refroidi par un marché de l’immobilier neuf en retrait. Une stagnation est attendue cette année, avant un redémarrage en 2025. À ce jour, Atlantic, numéro un de la pompe à chaleur en France et numéro deux en Europe, réalise déjà un tiers de ses revenus grâce à cette technologie et s’attend à ce que cette part grimpe à 50 % dans les prochaines années. Cette hausse des ventes pourrait notamment s’appuyer sur des incitations de l’État : Emmanuel Macron a en effet souhaité le triplement de la production annuelle française de pompes à chaleur d’ici la fin du quinquennat, à 1 million d’unités, et prévoit, pour cela, le versement d’un crédit d’impôt représentant 40 % des investissements des industriels tricolores. Pour répondre à cet objectif, l’industriel vendéen a annoncé son intention de construire d’ici 2025 une troisième usine dédiée à Chalon-sur-Saône. Il compte déjà 13 unités de production en France, sur un total de plus de 30 dans le monde.