L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureMohed Altrad réorganise sa nouvelle filiale Endel. Et ça passe mal en interne
Le nouveau propriétaire d’Endel a entamé la transformation de l’ex-filiale d’Engie, spécialisée dans la maintenance industrielle et nucléaire.
Trois mois après avoir finalisé la reprise de la société Endel, Altrad en lance une vaste réorganisation des structures. Le géant des services aux entreprises a récupéré cette ancienne filiale d’Engie, spécialiste de la maintenance nucléaire et industrielle, alors que le groupe énergétique voulait se recentrer sur les renouvelables. La reprise s’est révélée une bonne opération pour l’homme d’affaires Mohed Altrad. Elle lui a notamment permis de se renforcer sur des secteurs à haute valeur ajoutée - à commencer par le nucléaire - alors que son groupe était, jusque-là, essentiellement centré sur le service aux entreprises du BTP.
De fait, Endel travaille avec tous les grands donneurs d’ordre du secteur (EDF, Framatome, Orano, Naval Group et le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives - CEA). En pleine relance du nucléaire tricolore - et alors que la chasse aux compétences dans la filière est ouverte - la réorganisation des troupes lancée par le nouveau propriétaire va donc être scrutée de près par ces grands comptes.
Principaux concernés par la refonte, les collaborateurs de l’entité Endel SAS qui compte environ 3 400 des 5 200 salariés (nombre d’employés au moment du rachat). Jusqu’ici divisée en deux grands pôles - nucléaire et industrie - , la structure interne d’Altrad Endel va être remaniée en une quarantaine d’établissements autonomes et indépendants. Ce modèle, qui correspond aux canons du champion Altrad, laisse perplexe les organisations syndicales de l’ex-Endel, la CGT (majoritaire) en tête. Elles redoutent, à terme, des restructurations dans les périmètres qui s’avéreraient insuffisamment rentables. La filialisation d’une entité dans une autre structure de Altrad Endel, placée sous la convention collective du BTP et non plus celle de la métallurgie, inquiète également. De son côté, la direction dément toute « réorganisation juridique » et revendique « une simplification de l’organisation orientée business et une responsabilisation des postes clés pour rendre l’entreprise plus agile et plus proche de ses clients », sans « plan social ni réduction de postes ».
La direction assignée au tribunal judiciaire de Nanterre
Les discussions autour de ce grand chantier s’avèrent cependant tendues. Le processus d’information consultation a démarré en juillet. Mais le CSE central a assigné fin octobre la direction devant le tribunal judiciaire de Nanterre sur le manque de transparence des documents fournis dans le cadre de ce projet. Aux manettes sur le volet social : le nouveau DRH de transition, Philippe Dabas, arrivé cet été « pour une mission ponctuelle », précise le groupe. Cet ancien de la Société nationale maritime Corse-Méditerranée (SNCM), qui est également passé par les ressources humaines de Saga (les activités transports maritimes, aériens et terrestres du groupe Bolloré), travaille auprès du PDG d’Altrad Endel, Madany Lias.
L’absorption d’une société de l’ampleur d’Endel n’est pas une première pour Mohed Altrad dont le groupe (2,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour un résultat net de 170 millions d’euros en 2021) s’est construit essentiellement par croissance externe. Le milliardaire, également propriétaire du Montpellier Rugby Club, ne semble pas vouloir en rester là. Le co-CEO d’Altrad, Ran Oren, annonçait un objectif de 700 millions d’euros d’acquisitions supplémentaires en 2023…