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Énergie - Environnement

Engie élague (aussi) dans ses activités de services pour l’industrie et les villes

En plus des coupes dans ses activités de services aux particuliers, l’énergéticien prévoit des cessions de filiales dans sa branche Local Energy Infrastructures (LEI).

Siège d’Engie à La Défense
Siège d’Engie à La Défense BENJAMIN POLGE / Hans Lucas via AFP

La revue stratégique engagée par Engie pourrait conduire, à terme, à la cession d’environ 1 100 salariés de plus. Ils s’ajouteront aux quelque 5 400 collaborateurs du groupe travaillant dans les activités de services aux particuliers, dont l’énergéticien se déleste et dont l’Informé donnait le détail le 27 mai. Le recentrage et la simplification opérée par la directrice générale Catherine MacGregor visent à faire du groupe « la meilleure utility de la transition énergétique ». Une « utility » s’appuyant sur quatre segments : les renouvelables et les batteries (Renewable & Flex Power), les infrastructures et réseaux électriques (Networks), la décarbonation des villes et des industries (Local Energy Infrastructures - LEI) et, enfin, le trading et la fourniture d’énergies au B2C et au B2B (Supply & Energy Management). Mais cette stratégie se traduit aussi très concrètement par une réduction toujours plus importante des effectifs : le groupe énergétique est passé de 175 000 à 98 000 salariés entre 2020 et 2024.

Le ton avait été donné en janvier, lorsque la directrice générale avait annoncé les grandes lignes de la nouvelle réorganisation d’Engie : sa global business unit (GBU) LEI « consolidera sa position de leader en Europe tout en étant plus sélective dans ses activités et géographies ». En d’autres termes, la branche de l’énergéticien spécialisée dans les petites infrastructures énergétiques pour les entreprises ou les collectivités locales (réseaux de chaleur ou de froid, solutions de décarbonation, biomasse…) va faire le tri entre ce qu’elle conserve et ce dont elle se sépare.

Quatre mois plus tard, les premières pistes se dessinent. « Les revues stratégiques dans les pays concernés par le recentrage sont toujours en cours de définition par pays », précise le groupe à l’Informé. Pour autant, selon nos informations, la revue de portefeuille engagée prévoit de se désengager dans au moins deux pays d’Europe de l’Est : la Slovaquie (environ 500 collaborateurs) et la Roumanie (200 salariés). En Europe du Sud, les actifs portugais d’Engie LEI (400 salariés) sont également dans le viseur.

L’énergéticien se veut néanmoins rassurant : « Chaque pays en cours de revue stratégique a son propre calendrier en fonction des exigences sociales locales ». Les décisions prises « seront de nature à assurer la pérennité de ces activités dans la géographie concernée » et « ne concernent que les activités de LEI », sans remettre « en question la présence d’Engie par ses autres activités dans ces géographies », fait savoir l’énergéticien.

Plan social et activité réduite

Trois autres entités rattachées à LEI risquent toutefois d’être touchées. La première est la société allemande Solarimo. Spécialisée dans les installations solaires pour les entreprises et les collectivités, elle emploie une quarantaine de salariés. Un plan social y est prévu avec un arrêt de l’activité en fin d’année. La deuxième, également placée sous revue stratégique, est la société bretonne Siradel. Experte en géointelligence (modélisation 3D et traitement de géodatas) pour les entreprises et les collectivités, la filiale rachetée en 2016 par Engie va être mise au régime. Tout d’abord, une coupe est prévue dans ses effectifs (actuellement environ 180 salariés). Ensuite, Siradel pourrait aussi être scindée en deux entités, correspondant aux deux principaux secteurs qu’elle couvre (les télécoms, d’une part, et les services géonumériques, d’autre part). Un découpage permettant, à terme, de faciliter une vente par appartements.

Le sort de la francilienne Ssinergie, enfin, est également incertain. « Aucun projet de cession n’est prévu pour cette filiale », assure l’énergéticien à l’Informé. Mais « son activité est réduite ». De fait, la filiale, qui s’était illustrée dans le programme de pilotage énergétique intelligent des bâtiments « Vertuoz », a ouvert des négociations en vue d’une rupture conventionnelle collective. Elle emploie une trentaine de salariés.