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Énergie - Environnement

Engie détricote Engie Impact, son entité de conseil dédiée au développement durable

Ses quelque 2 000 salariés vont être dispatchés dans d’autres branches du groupe.

La DG d’Engie Catherine MacGregor, engage la restrcturation d’Engie Impact.
La DG d’Engie Catherine MacGregor, engage la restrcturation d’Engie Impact. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Six ans après avoir créé une entité de conseil en développement durable destinée aux entreprises, aux États et aux collectivités locales, Engie change de braquet. Le groupe dirigé par Catherine MacGregor prévoit de mettre fin à Engie Impact, tel qu’il avait été imaginé en 2019 par sa prédécesseure Isabelle Kocher. Selon nos informations, les 2 000 collaborateurs de cette entité vont être réaffectés au sein des quatre global business units (GBU) du groupe (renouvelables, energy solutions, infrastructures, production thermique & fourniture d’énergie). Le schéma définitif est encore loin d’être acté, mais parmi les pistes envisagées, l’énergéticien réfléchit à la création de nouvelles entités de « projets » dans lesquelles pourraient être affectés les salariés.

Poussé et piloté à sa création par Mathias Lelièvre, un ex-conseiller au cabinet du ministère du redressement productif Arnaud Montebourg, le projet visait à créer une entité de conseil permettant aux clients d’élaborer leur feuille de route pour réussir leur transition bas carbone. « Une sorte de BCG ou de McKinsey de la transition énergétique pour atteindre leurs objectifs de décarbonation », résume un ancien de l’énergéticien. Avec également en ligne de mire pour le groupe, l’espoir que les stratégies imaginées pour les clients génèrent par ricochet du business pour ses autres activités : Engie comptait alors plus de 25 business units et affichait sa volonté de devenir un géant tous azimuts du service énergétique.

Mais le virage stratégique pris par Catherine MacGregor depuis trois ans a changé la donne. Le recentrage autour de quatre pôles majeurs, renforcés et plus autonomes, rend moins nécessaire le rôle d’interface d’Engie Impact. Sans compter que les retombées espérées pour le reste du business n’ont pas forcément été au rendez-vous. « L’effet “tête de pont” a moins bien fonctionné que prévu. Certains clients - notamment les États - travaillant avec Engie Impact ont ensuite hésité à confier à l’entreprise ou à ses filiales la mise en œuvre des feuilles de route proposées », estime un spécialiste du secteur.

Présentes dans une vingtaine de pays, les équipes d’Engie Impact vont donc être redéployées au sein des GBU du groupe. Avec un problème de taille à régler : certaines n’auront pas nécessairement la capacité de les absorber en totalité. Marginales en nombre, les troupes françaises rassemblent moins d’une centaine de personnes, dont beaucoup sont d’ex-GDF spécialisés dans la modélisation des scénarios économiques en matière énergétique. Elles pourraient facilement retrouver une place dans le centre corporate de R&D Engie Lab Crigen ou encore dans l’entité Global energy management & sales. Mais les perspectives sont moins engageantes pour les collaborateurs travaillant aux États-Unis, où plus de 50 % des effectifs sont installés - loin devant l’Asie et l’Europe. Une masse salariale très conséquente au regard des effectifs présents outre-Atlantique (environ 3 500 personnes en Amérique du Nord, hors Engie Impact)…

Dans le top management d’Engie Impact, les grandes manœuvres ont déjà commencé avant l’été. Remplacé en juin par Jacques Boonen, à qui il revient de piloter la restructuration, le CEO Mathias Lelièvre a quitté le groupe. Il reste sur le même terrain puisqu’il vient de rejoindre le cabinet britannique ERM, spécialisé dans le conseil en développement durable, santé et sécurité pour en piloter la branche Europe, Moyen-Orient, Afrique.

Engie n’a pas souhaité commenter les informations de l’Informé.