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Énergie - Environnement

Le Conseil d’État confirme la sanction d’un enseignant accusé d’être climatosceptique

Bertrand Alliot avait déclenché une polémique au sein de l’université Gustave Eiffel (Seine-et-Marne). Son président lui a trouvé un autre poste entre-temps.

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SERGE TENANI / Hans Lucas via AFP

Le porte-parole de l’association Action Écologie, Bertrand Alliot, vient de subir un revers juridique dans sa tentative de faire annuler une décision de son employeur, l’université Gustave Eiffel. Installée à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne), cette fac créée en 2020 est dédiée aux enjeux de la ville...

Pas pour longtemps. Dès février dernier, Gilles Roussel, président de l’université, l’avait démis de sa fonction. La raison ? Son association avait organisé un colloque polémique au sein des prestigieux locaux de l’Académie, parrainée par Chantal Delsol de l’Académie des Sciences Morales et Politiques. Malgré son nom, Action Écologie bataille contre les défenseurs de l’environnement, plutôt que pour l’environnement. Son colloque avait d’ailleurs rassemblé un gratin de sceptiques sur la crise climatique.

Le syndicat universitaire SNE-SUP s’était alors ému de la récente promotion de Bertrand Alliot, l’associant dans un communiqué à une « déflagration ». Ils estimaient « la nomination d’un climatosceptique » en « totale contradiction avec l’appui aux politiques publiques portées par le ministère de la transition écologique », dont dépend l’université. Un article de Mediapart avait par ailleurs souligné que l’association Action Écologie avait été créée par le directeur de l’Institut de formation politique, Benoît Perrin, considérée comme l’école de l’extrême droite et fréquentée par des membres du Rassemblement National et de Reconquête. Bertrand Alliot collabore aussi avec Valeurs Actuelles ou le média Transitions et Énergies, financé par l’ex-propriétaire de Minute et Charles Gave, comme l’Informé l’avait révélé.

« Bien que les activités de la direction générale déléguée à la recherche […] se limitent à une gestion purement administrative, sans rôle scientifique ou de représentation externe, j’ai informé Bertrand Alliot que les conditions actuelles ne lui permettaient plus d’accomplir sereinement et efficacement sa mission de préfiguration, la confiance avec les acteurs de l’établissement étant désormais rompue », avait expliqué le responsable de l’institution.

Déçu d’avoir été démis d’une partie de ses fonctions - il reste enseignant dans cette université -, Bertrand Alliot a porté l’affaire devant la justice : dans un référé, il a demandé au tribunal administratif de Melun d’annuler la décision. Il estime avoir été victime d’une sanction à caractère discriminatoire à raison de ses opinions politiques et philosophiques, et soutient que les faits ayant justifié son éviction sont intervenus en dehors du cadre professionnel et dans un contexte où il était victime de harcèlement moral au sein de l’université.

Le tribunal administratif a refusé sa requête, ce qui a conduit l’enseignant à se pourvoir en cassation devant le conseil d’État. Mais ce dernier a confirmé le 13 août la décision .

Contacté par l’Informé, Bertrand Alliot assure que la procédure suit son cours : si le référé n’a pas été admis, la procédure au fond contre la décision de l’université se poursuit.

Le président de l’université, Gilles Roussel, ne lui en tient toutefois pas rigueur : il lui a façonné un poste dédié en le nommant chef de projet auprès du directeur général. En parallèle, l’universitaire a publié au printemps un livre intitulé « Comprendre l’incroyable écologie », dans lequel il s’attache à déconstruire le discours sur l’environnement, en estimant que le sujet est désormais présenté comme une religion. Un ouvrage qui n’a pas rencontré son public, avec 535 exemplaires vendus.