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Continuer la lecture« Islamophobie » : Klaus Kinzler débouté suite à sa suspension de l’IEP de Grenoble
Le professeur d’allemand, suspendu suite à une polémique nationale, réclamait au tribunal administratif de Grenoble l’annulation de la décision de l’établissement.
C’est l’épilogue d’une polémique qui avait fait grand bruit. Le 16 octobre dernier, le tribunal administratif de Grenoble s’est penché sur ce qui avait été appelé dans les médias « l’affaire des affiches »ou encore « l’affaire Klaus Kinzler ». Accusé d’« islamophobie », ce professeur d’allemand à l’I...
Pour tout comprendre, retour en novembre 2020. Alors que la semaine annuelle « de l’égalité et contre les discriminations » se profile à l’IEP, un groupe de travail intitulé « Racisme, islamophobie, antisémitisme » bûche sur l’évènement. Le nom du groupe fait réagir un professeur de l’école, Klaus Kinzler. Dans plusieurs mails, il remet en cause l’utilisation du terme « islamophobie », dont il conteste le caractère scientifique, notamment en ces termes, diffusés par Mediapart : « […] je refuse catégoriquement de laisser suggérer que la persécution (imaginaire) des extrémistes musulmans (et autres musulmans égarés) d’aujourd’hui ait vraiment sa place à côté de l’antisémitisme millénaire et quasi universel ou du racisme dont notre propre civilisation occidentale (tout comme la civilisation musulmane d’ailleurs) est passée championne du monde au fil des siècles… » S’ensuivent des échanges véhéments, dans lesquels intervient son confrère Vincent Tournier, maître de conférences en sciences politiques. Ce dernier le soutient, et indique découvrir « avec effarement à quel point des universitaires sont enfoncés dans le militantisme et l’idéologie ».
En mars 2021, des collages accusant les deux professeurs d’ « islamophobie » sont découverts dans les locaux de Sciences Po Grenoble. En décembre suivant, Klaus Kinzler est suspendu de ses fonctions pour une durée de quatre mois. La direction de l’établissement lui reproche d’avoir tenu des « propos diffamatoires » dans les médias, notamment dans Marianne, sur CNews ou encore dans l’Opinion, où le professeur a assuré que Sciences Po était devenu un institut de « rééducation politique »… Pour la directrice de l’établissement d’alors, Sabine Saurugger, l’enseignant a ainsi « gravement méconnu plusieurs obligations liées à son statut de fonctionnaire », comme « son obligation de discrétion professionnelle » et « son obligation de réserve ». L’affaire prend de l’ampleur, à tel point que le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, annonce suspendre les financements régionaux accordés à l’établissement.
C’est donc cette suspension que l’enseignant a tenté de faire annuler, sans succès. Le tribunal a en effet indiqué que sa requête avait été déposée trop tard : averti le 15 décembre 2021 de sa suspension, il ne l’a officiellement contesté que le 11 avril 2022. Interrogé, le professeur assure qu’il ne fera pas appel d’une décision, qui lui semble « raisonnée » : « Il y a eu des problèmes de délais, c’était évident. La justice a rejeté ma requête pour des raisons de forme et a eu raison, je l’accepte. »
L’enseignant aujourd’hui retraité n’en a pour autant pas fini avec les procédures. S’il a été relaxé en septembre 2024 aux côtés de CNews et de son animateur Pascal Praud pour des faits de diffamation dont l’accusait la directrice du laboratoire de sciences sociales de Grenoble Anne-Laure Amilhat Szary, le professeur nous indique qu’il se retrouvera bientôt de nouveau dans une salle d’audience. Il est accusé de diffamation par Thomas Mandroux, ex-coprésident de l’Union syndicale (US) des étudiants de l’institut d’études politiques. En cause, une interview parue dans Le Point où il évoquait des étudiants membres d’un syndicat qui « faisaient régner la terreur à Sciences Po Grenoble », expliquant n’avoir « jamais vu de tels fous » en « trente-cinq ans de carrière ». Et d’ajouter : « ils sont prêts à tout, y compris à mettre votre vie en danger pour vous faire taire. » Freiné par des frais d’avocats trop importants au fil des ans, l’ex-professeur indique à l’Informé qu’il se défendra seul à ce procès : « la liberté d’expression se paye aujourd’hui, et je trouve ça regrettable. »
Contactée, la direction de Sciences Po Grenoble nous a fait parvenir cette réponse : « la légalité de la décision prise par l’IEP de Grenoble n’a pas été remise en cause par le tribunal administratif. Cela confirme à nos yeux le bien-fondé de cette décision, dont nous n’avons jamais douté. »