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Énergie - Environnement

Les pronucléaires européens se réunissent avant de questionner les nouveaux commissaires

Les représentants des pays européens favorables à l’atome et l’intergroupe informel des eurodéputés pronucléaires peaufinent leurs arguments en amont des auditions qui doivent valider la désignation des nouveaux membres de la Commission.

L’eurodéputé (Renew) Christophe Grudler, à l’origine de l’intergroupe informel sur le nucléaire du Parlement européen
L’eurodéputé (Renew) Christophe Grudler, à l’origine de l’intergroupe informel sur le nucléaire du Parlement européen MARTIN BERTRAND / Hans Lucas via AFP

Brainstorming en vue pour les défenseurs de l’atome. L’intergroupe des députés européens sur le nucléaire, piloté par l’eurodéputé Christophe Grudler (Renew), et l’Alliance européenne du nucléaire, qui regroupe les ministres de 14 États membres * de l’Union favorables à l’énergie atomique, ont pris rendez-vous. Les boards de deux structures ont prévu de se rencontrer mardi 29 octobre pour faire coïncider leurs positions face à la Commission européenne. Objectif de cet échange ? S’assurer de la cohérence des arguments des élus pronucléaires siégeant à Strasbourg et des exécutifs des pays de l’Alliance, en amont des auditions des futurs commissaires européens, prévues entre le 4 et le 12 novembre.

Les candidats, dont les noms ont été dévoilés le 17 septembre par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, doivent être entendus par les députés européens, avant que ceux-là ne votent ensuite sur leur nomination, avec un possible droit de veto. Proposé au portefeuille de l’énergie et du logement, le danois Dan Jørgensen passera ainsi le 5 novembre son grand oral devant la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE) du Parlement européen.

L’intergroupe parlementaire et l’Alliance devraient accorder leur argumentaire sur plusieurs sujets clés. Parmi les plus brûlants : les perspectives de développement des petits réacteurs innovants en Europe (Small Modular Reactor et Advanced Modular Reactor). Le secteur est en pleine effervescence, en France mais aussi en Europe, dans un contexte mondial très concurrentiel. Devraient également être discutées les modalités de financement des grandes centrales électriques et le devenir des combustibles alternatifs pour les réacteurs nucléaires. Avec un objectif affiché : développer une solution 100 % européenne pour réduire la dépendance aux combustibles russes, utilisés dans les réacteurs russes VVER, présents en Europe de l’Est.

Parlement et Conseil de l’UE, deux co-législateurs face à la Commission

En débattant ensemble de leur stratégie, l’Alliance du nucléaire et l’intergroupe informel des eurodéputés sur le nucléaire (qui rassemble une centaine d’élus) entendent renforcer la cohérence des deux co-législateurs européens que sont le Parlement et le Conseil de l’Union européenne face à la Commission. Alors que cette dernière représente l’intérêt général de l’UE et propose les « lois » européennes (directives, règlements, décisions…), le Parlement représente les intérêts des citoyens et le Conseil celui des gouvernements des États membres.

Les propositions de la Commission sont examinées par le Parlement qui peut amender les textes. Ceux-ci sont ensuite décortiqués par le Conseil qui peut aussi les remanier. Si, à l’issue de deux lectures, les propositions ne font pas consensus entre les deux institutions, elles font alors l’objet d’un « trilogue » afin d’aboutir à un compromis. En renforçant la cohérence de leurs positions en amont, le Parlement et le Conseil se placent donc en meilleure position pour peser sur la Commission.

* L’Alliance européenne du nucléaire, initiée par la France en février 2023, rassemble la Bulgarie, la Croatie, la Finlande, la France, la Hongrie, les Pays-Bas, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède. Elle s’est donné pour objectif de reconnaître le rôle du nucléaire dans la décarbonation de l’économie, d’assurer la sécurité des approvisionnements et de contribuer à une autonomie stratégique des pays concernés.