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Énergie - Environnement

Éco-infirmiers, ordonnances vertes… les propositions détonantes des mutuelles au Conseil national de la refondation

L’Informé dévoile comment la Mutualité française veut miser sur la citoyenneté écologique

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ABDESSLAM MIRDASS / Hans Lucas via AFP

Les Mutuelles veulent faire entendre leur voix au Conseil national de la Refondation (CNR). Pour rappel, cet organisme de concertation lancé par Emmanuel Macron en 2022 et piloté par François Bayrou est chargé de plancher, entre autres, sur l’école, le numérique, la santé et bien sûr le climat et la biodiversité. C’est justement sur ces deux dernières thématiques que la Mutualité française, l’organisme qui représente les principaux acteurs du secteur soit 38 millions d’adhérents, a choisi d’émettre des propositions en prévision du prochain raout du CNR prévu au début du printemps.

« L’environnement est très impactant sur la santé du fait des polluants, des perturbateurs endocriniens, et de ses conséquences notamment sur l’alimentation » estime Eric Chenut, président de la Mutualité Française. Dans une logique de prévention, le groupe mutualiste propose que la santé publique investisse plus le sujet de la santé environnementale, notamment en finançant la recherche, mais aussi en créant de nouveaux métiers. Et ce afin de susciter une réelle citoyenneté écologique qui puisse faire bouger les lignes sur le climat et la biodiversité.

Nouveaux métiers et ordonnances vertes

La Mutualité française plaide notamment pour la création d’une profession « d’éco-infirmiers » : des infirmiers spécialisés en matière d’environnement. Selon une expérience menée par la Mutualité Rhône-Alpes, ces soignants d’un nouveau type interviennent dans les crèches pour former les parents. C’est en effet au plus jeune âge que les bambins sont le plus sensibles aux polluants, et certains risques peuvent être facilement évités en limitant l’exposition aux pesticides, aux produits chimiques et autres composants dangereux. « C’est important de mettre les citoyens en situation pour faire bouger la prise de conscience, assure Eric Chenut. Il serait souhaitable que les formations d’infirmier intègrent systématiquement cette dimension. »

Autre métier potentiel à développer, celui de « conseiller en environnement intérieur ». Avoir recours à des revêtements, des peintures et des meubles qui comportent des solvants néfastes représente en effet un risque de pollution de l’air intérieur. Cette nouvelle fonction permettrait notamment d’identifier les potentiels effets cocktails, par exemple pesticide et produit chimique, qui décuplent l’impact négatif d’un polluant.

La Mutualité française suggère également de généraliser les « ordonnances vertes », ces prescriptions du médecin pour obtenir des légumes bios gratuits ou participer à des ateliers sur les perturbateurs endocriniens que la ville de Strasbourg propose aux femmes enceintes.

L’éco-anxiété, un enjeu de santé mentale

Enfin le groupe plaide aussi pour une réponse à l’éco-anxiété, notamment chez les jeunes. « C’est une réalité sanitaire, il faut former les professionnels de la santé mentale à repérer ces situations et à trouver des stratégies pour accompagner ceux qui en souffrent », explique Eric Chenut. Là encore, le recours à la formation des soignants en psychologie et psychiatrie devrait être pris en compte.

Selon le dirigeant, ces sujets qui concernent à la fois la santé et la biodiversité devraient être affrontés « avec courage » par le gouvernement.  « Si on parle de « refondation », ça suppose qu’on questionne les priorités, et qu’on arbitre face à des préoccupations différentes et potentiellement antinomiques » insiste Eric Chenut. Agriculture intensive et biodiversité, industrie et climat, budget de l’État et garanties sociales : les arbitrages auxquels le CNR prévoit de s’atteler promettent des débats cornéliens.