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Finance - Conseil

Unibail, STMicroelectronics, Carrefour… les sociétés les plus radines avec leurs actionnaires

Deuxième volet de notre palmarès des dividendes du CAC 40. Zoom aujourd’hui sur les entreprises qui ont peu, voire rien, versé à leurs investisseurs.

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SOPA Images / SOPA Images/LightRocket via Gett

Ce sera zéro, nada. Pour la troisième année consécutive, le gestionnaire de grands centres commerciaux, Unibail-Rodamco-Westfield (URW) n’a pas versé de dividendes en 2023. Une anomalie tant il est rare de voir une entreprise du CAC 40 ne pas ouvrir son porte-monnaie afin de récompenser la fidélité de ses actionnaires. Seul Worldline, le spécialiste des paiements, a fait de même et ne leur a rien donné afin de « préserver ses marges de manœuvre financière » pour réaliser des acquisitions.

Il faut dire que URW a été frappé par la fermeture administrative des commerces durant la pandémie avec des problèmes de règlement des loyers. La société immobilière gère, entre autres, les Quatre Temps à la Défense, le Forum des Halles, le Carrousel du Louvre, Confluence ou la Part-Dieu à Lyon… Qui plus est, une fronde menée par Xavier Niel (également actionnaire à titre individuel de l’Informé) et Léon Bressler a entraîné un changement de direction dont l’objectif prioritaire est désormais de se désendetter. Les dividendes attendront. Les investisseurs de cette valeur devraient toutefois être récompensés de leur patience l’année prochaine. Même si le plan « de désendettement sera pris en compte pour une décision définitive », a toutefois prévenu Jean-Marie Tritant, le président du directoire.

De son côté, Renault n’a pas voulu attendre plus longtemps et a fait un geste. Après n’avoir rien versé pendant trois ans, le constructeur automobile a décidé d’être plus généreux grâce au retour de la croissance en 2022. Malgré une perte de 338 millions d’euros en raison de son retrait du marché russe, le groupe a distribué 72,8 millions d’euros, un montant toutefois 14 fois inférieur à celui de l’année 2019 avant la crise du Covid. « Renault est devenu une machine à faire du cash, ce qui n’était pas la spécialité de la maison. On en a plus généré en deux ans que sur la dernière décennie ! », s’est même félicité son directeur général Luca de Meo dans les Échos.

D’autres encore, bien qu’ayant encaissé des bénéfices, sont restés très prudents. C’est le cas du groupe de sidérurgie ArcelorMittal ou du spécialiste des semi-conducteurs STMicroelectronics. Tous deux ont redistribué moins de 6 % de leurs profits, soit les niveaux les moins élevés de tout le CAC 40. La raison ? Le premier s’est plutôt engagé à financer massivement le rachat de 85 millions de ses propres actions jusqu’en mai 2025. Quant au second, il doit faire face à des investissements importants avec la forte demande pour les semi-conducteurs et la volonté politique européenne de développer une autonomie du Vieux Continent. Le « Chips Act » prévoit de mobiliser 43 milliards d’euros d’ici à 2030 afin de diminuer la dépendance à Taïwan qui contrôle plus de 70 % du marché. De quoi faire passer la part de l’Europe de 10 à 20 % grâce à de nouvelles usines de production.

Enfin, Airbus, Carrefour, Dassault Systèmes ou encore Eurofins Scientific ont versé entre 25 et un peu plus de 30 % de leur résultat net. Un niveau qui les situe dans la fourchette basse de notre classement. Ce quatuor a donné au total 2,3 milliards d’euros, soit 3,3 % de l’ensemble des dividendes du CAC 40.

À suivre : les familles qui empochent les plus gros dividendes