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Finance - Conseil

Séparée de NewAlpha, Verto cherche 300 millions d’euros pour un nouveau fonds

L’équipe de private equity, qui a choisi de voler de ses propres ailes, a obtenu un agrément de l’AMF pour sa nouvelle société de gestion.

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Alamy Stock Photo / Abaca

Ils avaient monté leur propre fonds de private equity alors qu’ils n’avaient même pas 40 ans… En 2018, Antoine Dary, Thomas Fort et Alexis Kemlin créaient Verto pour investir dans des PME non-cotées de la santé et des logiciels en forte croissante. Ces anciens de Carlyle, CM-CIC LBO Partners et Francisco Partners ne s’étaient pas lancés en solo, adossant leur véhicule de 150 millions d’euros à NewAlpha AM, un gestionnaire d’actifs lié au Crédit Mutuel Nord Europe. Cinq ans plus tard, sans le crier sur tous les toits, le trio et les autres membres de l’équipe - qui compte aussi l’associée Laure Dachary, arrivée en 2020 - ont finalement choisi de reprendre leur indépendance. Fin 2023, ils ont discrètement quitté une maison dont l’activité - investir dans des classes d’actifs cotées (et de manière indirecte) - avait finalement peu en commun avec leur propre savoir-faire. Le mouvement n’a a priori rien à voir avec la mise en vente de NewAlpha, lancée en début d’année alors que Crédit Mutuel Alliance Fédérale réorganise son activité de gestion d’actifs.

Concrètement, Verto récupère les rênes de son premier véhicule. Les ponts ne sont pas totalement coupés avec NewAlpha, puisque l’équipe continuera de s’appuyer sur certaines de ses fonctions support. Surtout, selon nos informations, elle fait actuellement la tournée des investisseurs institutionnels et des fortunes privées pour lever un deuxième fonds. Son objectif ? Réunir cette fois-ci 300 millions d’euros. La société de gestion qu’elle a créée en prenant son indépendance vient tout juste de recevoir un agrément de l’Autorité des marchés financiers (AMF), un sésame indispensable pour lever des capitaux auprès d’investisseurs institutionnels ou de familles fortunées. Verto espère boucler le premier « closing » de son fonds avant l’été, une étape qui, techniquement, lui permettra de commencer à prendre des participations. Quatre recrutements sont prévus à court terme, celui d’un directeur financier (qui sera aussi en charge des affaires réglementaires), d’un directeur d’investissement et de deux chargés d’affaires.

Pour convaincre les souscripteurs, l’équipe compte mettre en avant les résultats encourageants de son premier véhicule. L’an passé, Verto a revendu à Bridgepoint l’essentiel de sa participation dans l’éditeur de logiciels pour le transport routier Sinari. Le chèque empoché dans cette opération équivalait à presque à 50 % de la taille du fonds. Deux autres participations sont en cours de cession. La structure a mandaté Edmond de Rothschild pour revendre ses parts dans la banque de greffe osseuse Biobank. Elle travaille également à sa sortie du capital de Presto, un petit groupe d’ingénierie dédiée à la filière des semi-conducteurs, avec Rothschild & Co comme conseil dans ce dossier.

Positionné sur le segment « growth equity » dont les fers de lance sont Carlyle Tech, Keensight ou Summit Partners, Verto investit dans des PME rentables qui, en dépit d’un chiffre d’affaires parfois encore modeste, enregistrent des croissances annuelles à deux chiffres et ont atteint le seuil de la rentabilité. Verto tâche de débusquer des entreprises qui n’ont jamais eu recours à d’autres fonds de private equity - des opérations dites « primaires » dans le milieu. Elle y prend des participations majoritaires comme minoritaires, en s’appuyant ou non sur de la dette.