Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Finance - Conseil

Natixis Partners donne naissance au fonds Comes Capital Partners

La banque d’affaires lance une société d’investissement destinée à accompagner son activité de conseil en fusions-acquisitions.

Photo
JOEL SAGET / AFP

Natixis Partners ajoute une corde à son arc. En toute discrétion, la filiale de Natixis dédiée au conseil en fusions-acquisitions a réalisé le premier closing d’un fonds destiné à accompagner son activité M&A, a appris l’Informé. Baptisé Comes 1, ce véhicule de type FPCI a récolté auprès de personnes physiques (notamment par le biais de Natixis Wealth Management) et de quelques institutionnels près de 60 millions d’euros, sur un objectif final de collecte de 75 millions. Son but : investir quelques millions d’euros dans des entreprises mid et large cap repérées par les banquiers de Natixis Partners, essentiellement lors de leurs missions de conseil à l’achat, aux côtés de leurs clients, mais pas exclusivement. En revanche, une ligne rouge aurait été dressée concernant l’investissement au capital de sociétés où la banque conseille les vendeurs, afin d’éviter tout risque de conflit d’intérêt.

La boutique de M&A espère ainsi renforcer l’alignement d’intérêt entre ses banquiers et les clients qu’ils accompagnent à l’achat. « Cela leur permettra aussi de maintenir un contact direct et durable avec l’entreprise et les membres du conseil d’administration », estime un banquier. Le fonds sera conduit par la société de gestion Comes Capital Partners, dont les créateurs ne sont autres que Patrick Maurel et Bruno Stern, deux des cinq figures emblématiques de Natixis Partners. « Le projet est porté au quotidien par Bruno Stern, qui conservera toutefois une activité de conseil M&A », précise un proche du dossier.

La filiale de Natixis redonne ainsi vie à une vieille ambition, initialement soutenue par Jean-Baptiste Marchand, l’un de ses anciens banquiers à succès. Mais il y a quatre ans, ce professionnel aguerri a créé sa propre structure M&A, Amala Partners, reprenant au passage ce concept de fonds pour en faire une activité à part entière. Baptisé Omada Capital, le premier de ces véhicules a levé 40 millions d’euros, tandis que le suivant a réuni 100 millions d’euros il y a près d’un an. Son champ d’action est toutefois plus large que celui de Comes et s’appuie donc sur un comité constitué de six membres, dont cinq externes à Amala Partners, pour déminer les potentiels conflits d’intérêt.

Dans l’Hexagone, la création de ces structures d’investissement par des banques d’affaires ne date pas d’hier. Edmond de Rothschild a historiquement fait cohabiter une activité de conseil en corporate finance et de capital-investissement : c’était en 2001, avec la naissance d’Edmond de Rothschild Investment Partners, devenu Andera Partners depuis leur prise d’indépendance, et depuis avec son entité Edmond de Rothschild Private Equity. Chez leurs cousins, Rothschild & Co a créé Five Arrows en 2008. Une structure qui gère aujourd’hui près de 24 milliards d’euros d’actifs. Un modèle dit de « merchant banking », également très répandu au sein des établissements anglo-saxons.