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Continuer la lectureLa Poste : une nouvelle candidate dans la course
Pas moins de six postulants seront auditionnés par le comité des nominations du groupe postal pour succéder à Philippe Wahl, le PDG depuis 2013. Les deux candidats internes restent favoris, mais un recrutement à l’extérieur pourrait devenir une solution.
La compétition se corse encore un peu plus à La Poste pour succéder à Philippe Wahl, PDG du groupe depuis 2013 et sur le point de passer la main fin juin. Ce ne sont pas moins de six dirigeants qui se retrouvent sur la ligne de départ, dont quatre femmes, ce qui constitue un record pour la présidence d’une grande entreprise publique. Selon nos informations, Marie Cheval, la PDG de la foncière commerciale Carmila, a été intégrée au processus de sélection. Elle sera aussi auditionnée par le comité des nominations de La Poste, le vendredi 2 mai. Âgée de tout juste 50 ans, cette inspectrice des finances, déjà citée par l’Informé comme candidate potentielle, n’est pas une inconnue au sein du groupe : elle avait été aux côtés de Patrick Werner, l’ancien directeur financier, dans le processus de création d’une banque de détail qui prendra en 2006 le nom de La Banque postale. Elle en a été la première directrice marketing et commerciale, puis directrice des opérations avant de rejoindre en 2011 la Société générale. Cette descendante d’une lignée de viticulteurs de champagne y présida alors aux destinées de BoursoBank (ex-Boursorama), jusqu’à ce que le PDG de Carrefour Alexandre Bompard, issu comme elle de la promotion « Cyrano de Bergerac » de l’Ena, la recrute en 2017 comme directrice de la transformation numérique. Il la placera ensuite, en 2020, à la tête de Carmila, la foncière cotée en Bourse du groupe qui détient 251 centres commerciaux en France, Espagne et Italie.
« La nomination d’une proche de Patrick Werner pour lui succéder est une perspective inacceptable pour Philippe Wahl », observe un bon connaisseur du groupe. La raison ? Wahl a été à la manœuvre auprès de l’ancien patron de La Poste Jean-Paul Bailly pour évincer Werner de la Banque Postale et prendre son fauteuil en janvier 2011. D’ailleurs, l’actuel PDG, qui se targue d’avoir l’oreille du président de la République, accorde ses faveurs aujourd’hui au président de la Banque Postale, Stéphane Dedeyan. Un grand favori dans le processus, car apprécié par le ministre de l’économie, Eric Lombard, passé au même moment par Generali.
Pourtant, selon un proche d’Emmanuel Macron cité par Politico, la donne pourrait se compliquer tant le chef de l’État, décideur en dernier ressort pour les choix des hauts dirigeants a le patron de Bercy « dans le pif ». Car Éric Lombard « se mêle beaucoup des castings », et en particulier ceux « de son propre successeur à la Caisse des dépôts ou du remplaçant de Philippe Wahl à la présidence de La Poste ». Une influence que l’entourage du ministre dément. « Il est bien intervenu sur la nomination du nouveau patron d’EDF, mais il se tient éloigné des affaires de La Poste et de la Caisse des dépôts comme il s’y est engagé auprès de la Haute autorité pour la transparence dans la vie publique » , nous assure-t-on. L’ancien directeur général de la Caisse avait envoyé en début d’année, comme l’a révélé l’Informé, une lettre de déport à l’Autorité, qui doit lui adresser ses observations finales début mai.
L’affaire pourrait bénéficier à l’autre profil interne : Nathalie Collin, actuelle directrice générale adjointe de La Poste, chargée de la branche Grand public (le réseau des bureaux de poste) et du numérique. Elle est soutenue par la CFDT, premier syndicat du groupe. La « long list » concoctée par le chasseur de têtes Progress comporte trois autres candidats : Claire Waysand, la secrétaire générale d’Engie et administratrice du groupe postal, Jérôme Fournel, l’ancien directeur de cabinet de Michel Barnier, et Sylvie Jéhanno, la présidente-directrice générale de Dalkia (groupe EDF). Tous seront auditionnés vendredi 2 mai par le comité des nominations de La Poste.
« Celui-ci transmettra ensuite un rapport avec ses observations sur les candidatures au président de la République et à l’Agence des participations de l’État, mais sans proposer de classement », indique un proche du dossier. Laissant toute liberté dans le choix final au locataire de l’Élysée. « Le résultat du match reste ouvert, reprend notre source. Si le président n’arrive pas à départager les deux favoris, Stéphane Dedeyan et Nathalie Collin, la solution pourrait être un jugement de Salomon en choisissant un des candidats externes. »