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Continuer la lectureEurazeo remet en vente le courtier Groupe Premium et en espère bien plus d’un milliard d’euros
Le groupe, actif dans le courtage en assurance, la gestion d’actifs et le conseil en gestion de patrimoine, pourrait voir son Ebitda bondir à plus de 100 millions d’euros d’Ebitda l’an prochain.
Eurazeo a de quoi se frotter les mains. Voilà un an et demi seulement que la société d’investissement a racheté le spécialiste de la gestion de patrimoine Groupe Premium et il s’apprête déjà à s’en séparer. A la clé ? Une exceptionnelle culbute. En 18 mois, la valorisation de cette pépite - 290 millions d’euros au moment de l’entrée d’Eurazeo au capital (aux côtés de Montefiore Investment, minoritaire) - a plus que quadruplé : elle dépasse désormais largement le milliard d’euros. Et pour cause, l’entreprise tricolore prévoit d’atteindre environ 75 millions d’euros d’Ebitda cette année, et même plus de 100 millions en 2023. « Dans ce secteur, les transactions se nouent souvent entre 15 et 16 fois l’excédent brut d’exploitation, en raison de la grande prévisibilité des résultats, estime un banquier. Ici, je ne serais pas surpris qu’un multiple de 20 fois soit attendu. » Selon nos informations, Eurazeo a mandaté deux banques d’affaires pour l’accompagner dans ce désengagement : Goldman Sachs et Cambon Partners.
Un modèle tourné vers les mandataires indépendants
Pour la société d’investissement dirigée par Virginie Morgon, l’enjeu, dans ce dossier, était d’assurer un déploiement géographique rapide de Groupe Premium, en France. Or cette feuille de route aurait été exécutée à vitesse grand V. Trois raisons à ce succès. D’abord, l’entreprise, active dans le courtage en assurance, la gestion d’actifs et le conseil en gestion de patrimoine, a élargi son réseau de mandataires indépendants installés en province. Ces professionnels assurent une distribution dynamique grâce à un paiement au succès. « Dès qu’un mandataire vend des produits d’épargne retraite à un particulier ou un professionnel, il est financièrement intéressé, explique un fin connaisseur du secteur. Cela fonctionne très bien en province car le coût de la vie y est peu élevé pour les mandataires. » Ce modèle a été mis en place par Predictis, filiale du groupe et aujourd’hui premier courtier assurance vie-épargne de France. Puis a été dupliqué par une autre filiale, le cabinet de conseil en gestion de patrimoine Capfinances.
Ensuite, Groupe Premium a habilement misé sur la vente des Plans épargne retraite (PER), lancés par le gouvernement il y a trois ans. Sur ses solutions d’épargne, le spécialiste bénéficie de précomptes des commissions. Méconnu du grand public, ce système de rémunération des courtiers est une forme d’avances sur commissions accordées par les assureurs, restituables en cas de chute du contrat. Etant donné la longévité des PER, les précomptes sont donc particulièrement généreux.
Enfin, l’entreprise pilotée par Olivier Farouz a mené à bien une multitude d’opérations de croissance externe. Ce fut notamment le cas, cette année, avec le cabinet toulousain Linard-Charbonnel et le parisien Forward. A date, les actifs totaux du groupe dépasse la barre des 6 milliards d’euros. Le prochain propriétaire, qui devrait encore une fois être un acteur du private equity, aura à cœur d’atteindre la barre des 10 milliards d’euros sous gestion d’ici 2025.