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Continuer la lectureArdian veut lever 3 milliards d’euros pour investir dans les entreprises européennes
Via son activité Expansion, le géant français du non côté entame une importante levée de fonds pour investir dans des sociétés valant 100 à 500 millions d’euros.
C’est l’heure des grandes manœuvres chez Ardian. Le géant français du private equity (140 milliards de dollars sous gestion) veut constituer un important trésor de guerre pour Ardian Expansion, sa structure d’investissement dédiée aux entreprises européennes non cotées de taille intermédiaire (de 100 à 500 millions de valorisation). Selon nos informations, la firme pilotée par Dominique Senequier cherche à réunir 3 milliards d’euros pour un nouveau véhicule consacré à ce type de deal, Ardian Expansion VI. La société viserait 2 milliards d’euros lors d’un premier closing cet été puis un milliard supplémentaire d’ici la fin de l’année. Contacté par l’Informé, le financier ne fait aucun commentaire.
L’objectif est ambitieux alors que l’environnement économique incite les souscripteurs à limiter leurs investissements dans des fonds de private equity. Mais Ardian a de quoi se montrer confiant : le mastodonte tricolore a toujours réussi à faire grossir la taille de ses fonds pour les entreprises moyennes. Le dernier bouclé a recueilli 2 milliards d’euros en 2020, quand le précédent avait réuni 1 milliard en 2016. Ce fonds - Ardian Expansion V - avait pu compter sur un panel large d’investisseurs, des institutionnels français de premier plan (CNP Assurances, Axa IM…) comme des financiers venus d’Asie et du Moyen-Orient notamment. Il a mené à date une petite quinzaine de prises de participation, en France et dans d’autres pays européens. Dans l’Hexagone, il est par exemple devenu actionnaire du groupe de radiologie Simago, du conseil en transformation sociale Alixio (une structure fondée par Raymond Soubie, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy) ou encore du fournisseur d’équipements de protection individuelle Groupe RG.
Pour rappel, quand un acteur du private equity comme Ardian cherche à constituer un fonds, il doit convaincre des investisseurs institutionnels (assureurs, fonds de retraite, fonds souverains…) ou des familles fortunées de lui confier leur argent pour une durée de dix ans. Le gérant investit ensuite ces ressources dans des entreprises avec l’idée de céder ses participations quelques années plus tard. L’objectif est bien sûr de générer des plus-values qui contribueront aux bons résultats du fonds… et contenteront les souscripteurs, auxquels l’argent est redistribué, une fois soustraite la commission de performance revenant à l’équipe de gestion (le « carried interest »).