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Finance - Conseil

PAI Partners en passe de lever 7 milliards d’euros

Le financier, l’un des grands spécialistes français des opérations de LBO, ne serait plus qu’à quelques centaines de millions d’euros de son objectif.

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SCOTT OLSON / Getty Images via AFP

Tropicana, Björg, Labeyrie, European Camping Group mais aussi les lunettes Marcolin… Derrière toutes ces sociétés, un même actionnaire de référence : PAI Partners. Déjà très puissant en France, le financier a encore de grandes ambitions. C’est le moins que l’on puisse dire : bien décidé à racheter de nouvelles entreprises, il est en train de constituer un nouveau fonds d’investissement, pour lequel il cible 7 milliards d’euros. Selon plusieurs sources concordantes, il serait même entré dans la dernière ligne droite. Il ne lui resterait que quelques centaines de millions d’euros à réunir. « 90 % du parcours a été effectué » va même jusqu’à souffler un investisseur. Contactée par L’Informé, la société de gestion ne fait pas de commentaires.

Au coude à coude avec Ardian

Si la cible est atteinte, PAI Partners sera à la tête de l’un des plus importants véhicules jamais constitué par une société d’investissement française pour des opérations de LBO. Le record est détenu par Ardian, qui était parvenu à amasser 7,5 milliards d’euros en 2021 (dont un milliard sous forme de co-investissement à côté de son fonds). PAI Partners s’était mis en position de pouvoir faire beaucoup mieux que son grand rival, en attribuant un plafond de levée de 8,5 milliards d’euros à son fonds - un seuil appelé « hard cap » dans le private equity. Mais face à un environnement macroéconomique compliqué qui allonge la durée nécessaire aux levées de fonds de ce type, aller aussi loin ne serait plus forcément une priorité, à en croire plusieurs sources.

Lorsqu’ils lèvent des capitaux, les acteurs du private equity sollicitent de grands institutionnels - des caisses de retraite, des fonds souverains, des assureurs, d’autres gestionnaires d’actifs… - ou des familles fortunées. A titre d’exemple, dans le tour de table monté par PAI Partners, figurent, parmi les investisseurs, le fonds de pension de l’Etat de Washington ou celui des enseignants du Texas, mais aussi les gestionnaires d’actifs Abrdn (filiale de Standard Life) ou ICG, le taïwanais Cathay Life Insurance ou encore la holding familiale Peugeot Invest. Dans la classe d’actifs, les souscripteurs sont en général engagés pour dix ans (même s’il leur est possible de céder les parts d’un fonds à un tiers, en cours de route)… Un véhicule a vocation à prendre des participations dans des entreprises et à les revendre quelques années plus tard avec une plus-value à la clé. L’argent revient finalement aux souscripteurs, mais avec une fraction plus ou moins importante venant « récompenser » l’équipe de gestion, en fonction du retour sur investissement.

La mécanique est bien rodée chez PAI Partners. Depuis ses débuts, la firme d’investissement créée dans l’orbite de Paribas - elle a pris son indépendance à la fin des années 1990- a déjà constitué sept véhicules successifs. Le dernier avait amassé 5 milliards d’euros en 2017. « La très grande partie des souscripteurs qui avaient précédemment investi ont choisi de revenir dans le nouveau fonds, mais PAI a aussi réussi à convaincre d’autres noms de s’engager à ses côtés », ajoute un proche de la société de gestion. « La présence historique de PAI dans un certain nombre de secteurs jugés défensifs, comme la santé ou les services aux entreprises joue également en sa faveur dans le contexte économique », estime un conseil. La société ne semble pas pâtir de la méfiance suscitée par le secteur agroalimentaire et les tensions inflationnistes auxquelles font face les industriels. Ce marché est l’une des grandes spécialités du financier, qui compte des entreprises comme Yoplait ou United Biscuit sur son tableau de chasse.

PAI Partners finalise sa levée de fonds alors que des informations avaient circulé ces derniers mois au sujet d’une potentielle ouverture du capital de la société de gestion. La presse spécialisée anglo-saxonne avait fait état de la prise de participation minoritaire d’un autre financier, l’américain Dyal Capital.