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Continuer la lectureJCDecaux et l’espagnol Citybike de nouveau face-à-face pour les vélos de Toulouse
Avec sa filiale Citybike, l’opérateur espagnol Moventis vient concurrencer le géant JCDecaux dans la Ville rose après lui avoir raflé les marchés de bicyclettes en libre-service à Paris et à Marseille.
Game of Thrones au pays du vélo. Depuis maintenant six ans, deux familles industrielles s’affrontent sans merci pour capter le marché de la location de vélos en libre-service. D’un côté, le groupe français spécialisé dans l’affichage fondé par Jean-Claude Decaux (3,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022) fait office d’opérateur historique en France, puisqu’il a lancé son service dès 2005 à Lyon et en 2007 à Paris. De l’autre, la famille espagnole Marti dont la quatrième génération pilote Moventis, un groupe de transport public fondé à Barcelone, qui a créé Citybike pour viser les marchés de la location de vélos. Cet opérateur est actionnaire de Smovengo, le consortium qui a repris en 2017 l’exploitation de Vélib’ à Paris à JCDecaux. En juillet 2022, Citybike a aussi remplacé à Marseille le même JCDecaux, qui était l’opérateur sortant. Un succès obtenu en proposant des vélos à assistance électrique (VAE), un atout dans une ville à flanc de colline. Le service a été augmenté fin 2022 de 130 à 200 stations et de 1500 à 2000 vélos.
La même bataille se jouera prochainement à Toulouse, dont l’appel d’offres sera attribué cet été. JCDecaux, opérateur du service VélôToulouse depuis son lancement en 2007, est candidat à son renouvellement, selon nos informations. Il trouvera à nouveau Citybike face à lui, ainsi que le fabricant allemand de matériel NextBike et le français Fifteen, issu il y a un an de la fusion de Smoove et de Zoov. L’autorité organisatrice des transports toulousains, Tisséo, attend la remise des offres définitives fin mai. Avec 4000 bicyclettes réparties sur 400 stations dans la Ville rose et les communes alentour, le contrat représente plusieurs dizaines de millions d’euros de recettes sur 10 ans. Ce sera le plus grand marché attribué cette année et plusieurs proches du dossier ont confirmé à l’Informé que la bataille se jouera encore entre JCDecaux et Citybike.
Face à JCDecaux, la filiale de Moventis mettra encore une fois en avant ses VAE, qui ont conquis l’agglomération de Marseille mais aussi celle de Clermont-Ferrand pour l’exploitation de ses « C.Vélo » depuis 2021. Elle vient aussi de remporter dernièrement l’exploitation des « Cy’clic » de l’agglomération de Rouen. Les mises en service ne se sont cependant pas faites sans difficultés. À Paris, le souvenir est encore vif des débuts chaotiques de Smovengo en 2018, où stations vides, Vélib’ endommagés et erreurs logicielles avaient entraîné une diminution de moitié du trafic. « C’est certain que Smovengo n’a pas assuré le meilleur service au départ du marché, rappelle-t-on à la Mairie de Paris. Si c’était à refaire, nous ferions certainement un autre choix. Les choses sont tout de même rentrées dans l’ordre ces derniers mois, avec le retour d’une qualité de service correcte et 3000 vélos supplémentaires pour la fin de l’année ».
À Marseille, « le service est clairement défaillant », souligne une source proche du dossier qui constate comme de nombreux usagers la mauvaise répartition des vélos disponibles et les problèmes dans l’électrification des bornes. « C’est vrai qu’il y a eu des soucis d’exploitation au départ, admet Citybike. Il a fallu un effort de pédagogie pour installer le nouveau système d’accrochage par électroaimant et un système de pénalités pour éviter les incivilités à répétition. Les choses sont désormais rentrées dans l’ordre : 8000 à 10 000 courses quotidiennes sont réalisées à Marseille depuis plusieurs semaines ». Une amélioration notée par les utilisateurs les plus critiques.
Le nouvel entrant a toutefois connu une véritable mésaventure en Suède, où la municipalité de Stockholm a décidé le 16 mai dernier de lui retirer le marché, gagné deux ans plus tôt. Les retards et pépins techniques se sont succédé, jusqu’à ce qu’un audit révèle la mauvaise conception des « eBikes » qui avait occasionné plusieurs détachements du guidon. Le fournisseur de vélos, Vaimoo, n’ayant pas été en mesure de trouver une solution, Citybike avait même demandé début mai à la ville de suspendre le service pendant 6 à 9 mois le temps de trouver un nouveau fournisseur. Un échec sur lequel JCDecaux, qui reste exploitant à Lyon, Nantes, Besançon ou Nancy, pourra s’appuyer pour faire valoir ses propres solutions techniques.