Transports - Auto

Equipements ferroviaires : Geismar a trouvé ses repreneurs

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Ce groupe familial de 800 salariés était en redressement judiciaire depuis avril. Une cinquantaine d’emplois devraient être supprimés en France par les deux fonds choisis par le tribunal de commerce.

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Erwin Wodicka / Gina Sanders - stock.adobe.com

Geismar est enfin fixé sur son sort. En redressement judiciaire depuis avril, le groupe familial spécialiste des équipements d’installation, de maintenance et d’inspection des voies ferrées et des caténaires attendait de savoir quel repreneur allait le racheter. Selon nos informations, le tribunal de commerce de Nanterre a finalement décidé ce mercredi de donner son aval au projet présenté par Sandton Capital Partners, actionnaire en France d’Adveo, d’Axyntis et de Mettaliance. Ce financier américain pilote un consortium dans lequel Verdoso Investments, société de Franck Ullman basée au Luxembourg, est le deuxième plus gros actionnaire avec 25,6% du capital (lui en a 46,6%).

Après avoir écarté la proposition de Greybull Capital et vu Coral Reef Capital se retirer du dossier, le juges n’avaient plus le choix qu’entre deux offres. S’ils ont préféré celle de Sandton à celle de Grégoire Libert et du groupe Cahors, c’est notamment parce qu’elle a su recevoir le soutien du top management actuel de Geismar (13% du capital), du hongkongais MegaRock (8,4%), ou encore de TSO et Novium, ces derniers étant détenteurs de 2% des parts. Patrick Jeantet, ancien directeur général de SNCF Infra et ex-patron du directoire de Keolis, aujourd’hui à la tête de la Fédération des Industries Ferroviaires (FIF), est appelé à siéger au conseil de surveillance de la nouvelle société, qui sera dirigée par le président actuel, Nicolas Yatzimirsky. La famille fondatrice garde un représentant très minoritaire (4,2%), Daniel, au capital.

Le consortium a aussi fait la différence sur le volet social. Alors qu’environ 170 suppressions d’emplois étaient prévues initialement, sur les 427 personnes salariées en France, Sandton capital partners et Verdoso investments n’en annoncent plus que cinquante en France, quand Cahors en prévoyait 117. Geismar Rhône, un atelier à Janneyrias (Isère), dotée d’une petite quinzaine de salariés,va être fermée. Le PSE, qui doit être lancé en mai, concerne aussi les sites de Marseille, Neuilly et l’implantation historique de Colmar. Si les usines italienne et américaine du groupe - qui compte 800 salariés au total dans le monde - sont maintenues, les filiales en Inde, à Singapour et en Russie ne sont pas reprises.

Le prix de rachat proposé par Sandton était également supérieur, avec 2 millions d’euros mis sur la table (dont 1,98 million pour les stocks. Par ailleurs, « les repreneurs mobilisent, dès la date d’entrée en jouissance, un financement d’un montant total de 20,25 millions d’euros composé de fonds propres et de quasi-fonds propres (obligations convertibles, entièrement subordonnées à l’ensemble des engagements bancaires), destiné à couvrir à la fois le prix de cession et les besoins identifiés dans le plan d’affaires, peut-on lire dans l’offre. Tous les contrats sont repris, y compris les 16 projets déficitaires, représentant un passif de 20 millions d’euros. »

Ambitieux, le nouveau propriétaire juge que son projet permettra « d’orienter le redéploiement de Geismar, mais aussi, à terme, de lancer une consolidation de la filière « installation-maintenance ferroviaire » en France, pour constituer un champion capable de rivaliser avec les acteurs mondiaux comme Plasser (Autriche) ou Harsco (États-Unis) ». L’industriel approvisionne actuellement les principaux réseaux de transport publics et privés à travers le monde (SNCF Réseau, Deutsche Bahn, Amtrak, BNSF Railway, Irish Rail, Japan Railway Company, etc.), ainsi que des fournisseurs majeurs d’équipements ferroviaires (Alstom, Siemens, Hitachi, etc. En 2023, il avait enregistré un chiffre d’affaires de 132 millions d’euros (80% à l’export), mais une perte nette de 22 millions. Et une dette nette de 73 millions.

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