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Billets SNCF : ces tarifs qui augmentent bien au-delà de 5 %

La SNCF a annoncé une hausse « moyenne » de 5%. Mais, selon nos calculs, les prix maximums (ceux s’appliquant aux trains les plus demandés) augmentent jusqu'à 8% en seconde classe. Découvrez nos chiffres exclusifs sur 30 lignes TGV et Intercités.

France, la roche sur yon, 2023-01-11, sncf illustration, Photograph by Magali Cohen / Hans Lucas.
France, la roche sur yon, 2023-01-11, sncf, train, gare, voyageurs, ter pays de la loire, machine a billets, vente, achat, automatique,ter, Photographie par Magali Cohen / Hans Lucas (Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
France, la roche sur yon, 2023-01-11, sncf illustration, Photograph by Magali Cohen / Hans Lucas. France, la roche sur yon, 2023-01-11, sncf, train, gare, voyageurs, ter pays de la loire, machine a billets, vente, achat, automatique,ter, Photographie par Magali Cohen / Hans Lucas (Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP) MAGALI COHEN / Hans Lucas via AFP

Attention, une hausse de tarif peut en cacher une autre. Pour faire face à une flambée de ses coûts, la SNCF vient d’annoncer une augmentation du prix des billets grandes lignes. Inflation moyenne déclarée ? 5%. Mais ce chiffre masque des envolées plus importantes, dont L’Informé vous révèle ici les détails en exclusivité. Car, dans le même mouvement, la compagnie ferroviaire a revu les prix maximums trajet par trajet, ces plafonds souvent atteints quand le billet est acheté peu de temps avant un départ ou à des dates recherchées. Si la SNCF reste discrète sur le niveau de ces hausses, nous avons décortiqué ses documents contractuels et calculé les évolutions sur 30 trajets entre grandes villes. Pour un résultat clair : sur deux tiers de voyages, le prix maximum en seconde classe augmente de 7 à 8%. Vous trouverez le détail en fin de cet article.

Par exemple, le tarif plafond passe de 65 à 70 € pour un Lyon-Montpellier (+ 7,7%), de 63 € à 68 € pour un Paris-Lille (+7,9%), ou même de 88 à 95 € (+8%) pour un Paris-Nantes. Ces montants sont souvent atteints (mais pas toujours) pour un trajet le vendredi soir ou un week-end de vacances scolaires. Sur les périodes de très grands départs comme les week-ends estivaux, les ponts du mois de mai ou les fêtes de fin d’année, la SNCF applique ces tarifs très rapidement, parfois même quelques jours après l’ouverture des réservations.

Sur notre échantillon de 30 trajets, les prix plafonds sont revalorisés de 7,2% en moyenne. Pour les TGV, leur hausse est très homogène d’une ligne à l’autre, autour de 7%, à l’exception du Paris-Rennes dont, de façon surprenante, le plein tarif est revalorisé d’à peine plus de 2%. Les deux lignes Intercités incluses dans notre échantillon connaissent des évolutions moins fortes : à peine 5% de hausse pour le plafond tarifaire entre la capitale et Limoges ou Clermont-Ferrand.

Alors que certains prix s’envolent, à l’inverse, la SNCF a gelé d’autres tarifs, dans un mouvement présenté comme un « bouclier tarifaire ». C’est le cas des prix d’appel, et plus globalement de la grille de prix des Ouigo, les TGV « low cost ». Les prix applicables aux titulaires de la carte Avantage (par exemple 39 € maximum pour un trajet de moins de 1h30) restent également inchangés, mais seulement jusqu’en septembre prochain. La compagnie cherche ainsi « à protéger les voyageurs loisir et les plus sensibles au prix », insiste une porte-parole auprès de L’Informé.

Mais l’annonce, par la SNCF, d’une « hausse moyenne » (5%) laisse sceptique les observateurs avisés. « Pour le voyageur, le chiffre est invérifiable tant il y a de trains et de situations différentes, tranche Jean Lenoir, vice-président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut). Le maintien de prix bas sur des Ouigo peut être plus que compensé par l’envolée de prix sur des TGV Inoui. »

Enfin, un dernier changement sera coûteux pour les voyageurs : le durcissement des conditions d’échange des billets. Il s’applique à partir du 7 février. L’échange ou l’annulation devient payant dès six jours avant le départ, au lieu de trois aujourd’hui. Et quand l’opération est facturée, elle coûtera 19 € au lieu de 15 €.


Un autre effet inflationniste pèsera lourdement

Les voyageurs risquent d’être confrontés à des hausses encore plus importantes, que 5 ou même 7 ou 8%. En effet, le prix réel payé par le voyageur varie selon le taux de remplissage des trains, selon les principes du yield management. « Or, manifestement, le taux d’occupation des trains est plus important en ce moment, en raison du sous-dimensionnement de l’offre, assure Jean Lenoir, alerté par de nombreux témoignages. Le nombre de trains reste inférieur à la période d’avant Covid.  » Les billets peuvent donc atteindre le plafond tarifaire plus souvent qu’auparavant. Cet autre effet inflationniste est difficile à quantifier.