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Continuer la lectureACC M, le spécialiste de la rénovation des trains et métros, cherche un partenaire financier
Reprise en 2019 à la barre du tribunal de commerce, l’entreprise de Clermont-Ferrand a achevé son redressement en séduisant notamment plusieurs régions. Elle veut désormais accélérer.
Ateliers de construction du Centre Maintenance (ACC M) a passé un cap le mois dernier. La société de rénovation ferroviaire, créée en 1919, a inauguré une deuxième usine, à Albi (Tarn) : un site de 5 000 m² et cinquante salariés dédiés à la remise à neuf de matériels légers, comme des TER, tramways o...
Et sept ans après ses déboires, ACC M ne compte pas s’arrêter là : selon nos informations, le groupe part en quête d’un partenaire pour financer de nouvelles ambitions. Un processus d’ouverture de capital de sa filiale a été récemment initié. L’industriel a pour lui quelques éléments flatteurs. Depuis 2019, il a vu son chiffre d’affaires tripler pour passer de 15 millions d’euros en 2020 à 50 millions l’année dernière. Avec un carnet de commandes plein, il prévoit 60 millions d’euros de revenus cette année. Son actionnaire TTH table même sur 100 millions d’ici 5 ans, grâce à la montée en puissance du site d’Albi.
Le groupe a parié sur l’allongement de la durée de vie des trains et métros, en proposant des rénovations moins coûteuses que l’achat de matériels neufs (entre 30 % et 40 % du prix catalogue) et aussi moins émettrice de CO2 (20 % des émissions d’une fabrication). Des arguments qui ont porté devant les régions, responsables de leur parc de TER et de leur modernisation depuis 2019, ainsi que devant les métropoles, également autorités organisatrices des mobilités, pour leurs métros ou tramways. La rénovation est devenue, du fait d’un contexte budgétaire de plus en plus difficile, une option solide face à l’achat de matériels neufs, chers et dont les délais de mise en disponibilité se sont allongés (retards de livraison, complexité des nouveaux systèmes). L’offre relancée par ACC M en 2020 s’est aussi révélée compétitive face aux rénovations de matériel proposées par la SNCF, la RATP ou les constructeurs ferroviaires, et leur a pris des parts de marché.
Ces dernières années, l’entreprise s’est notamment occupée des rames Corail de la SNCF (leur aménagement intérieur et leurs boggies, ces chariots situés sous les véhicules). Elle s’est aussi chargée des TER à deux niveaux de la région Auvergne-Rhône-Alpes, des métros parisiens et lyonnais, des tramways Citadis d’Alstom à Bordeaux (dont la durée de vie a été rallongée de 10 ans) et même des rames de l’Orient Express. Ces contrats ont permis à l’entreprise de réembaucher, passant de 179 personnes en 2019, à plus de 400 salariés aujourd’hui.
Le mois dernier, l’entreprise clermontoise a aussi livré deux autres chantiers majeurs, illustrant sa capacité à conduire désormais une quinzaine de commandes différentes, alors qu’elle ne pouvait gérer que deux contrats simultanés en 2020. D’une part, elle a bouclé la rénovation des 130 métros MF77 pour la RATP, un chantier qui doit permettre d’assurer la continuité d’exploitation des lignes 7, 8 et 13 du réseau parisien avant l’arrivée de rames MF 19 flambant neuves dans quelques années. D’autre part, elle a achevé le premier volet de remise à neuf du tramway à pneus de Clermont-Ferrand, avec la livraison de 16 rames (sur 30 au total). Prochainement, ACC M va entamer la rénovation de 17 rames TER XGC pour la région Pays de la Loire.