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Continuer la lectureSummit Partners négocie le rachat de Doctrine
Alors qu’il a décroché une victoire importante en justice face à ses concurrents, le moteur de recherche juridique a engagé des discussions sur la cession d’une part majoritaire de son capital.
Le début d’année est bien chargé chez Doctrine. Sur le plan judiciaire, la « legaltech », connue pour son agrégateur de décisions de justice, vient de voir tomber un jugement des plus importants : alors qu’elle était attaquée par cinq éditeurs juridiques pour « concurrence déloyale », « pratiques commerciales trompeuses » et « parasitisme », le tribunal de commerce de Paris a débouté les plaignants le 24 février. La start-up va pouvoir avancer plus sereinement sur un autre sujet de premier ordre : la cession d’une majorité de son capital à un fonds. Epaulée par la banque d’affaires spécialisée dans la tech GP Bullhound, Doctrine serait, depuis plusieurs semaines, en discussions exclusives avec l’américain Summit Partners, un investisseur qui cible les entreprises technologiques en forte croissance et suffisamment bien établies dans leur marché.
« Les pourparlers se poursuivent, mais aucun deal n’est signé à ce stade », tempère un proche du dossier. « Si les négociations achoppent avec Summit Partners, d’autres prétendants sont motivés et tout à fait prêts à prendre le relais », veut croire un autre interlocuteur. Bien que les discussions aient quelque peu ralenti dans l’attente de la décision de justice du tribunal de commerce de Paris, cela n’a pas empêché Summit Partners d’avancer sur le dossier. Le fonds a effectivement créé mi-février plusieurs holdings dont les noms explicites (Doctrine Topco, Doctrine Bidco, Doctrine Midco) laissent penser qu’elles auraient vocation à porter sa participation dans l’entreprise... Contacté par l’Informé, l’investisseur n’a pas répondu.
Recours limité aux levées de fonds
De son côté, le directeur général de Doctrine, Guillaume Carrère, reconnaît « travailler avec une banque d’affaires » mais se refuse à commenter les discussions en cours. « L’entreprise est rentable et en croissance soutenue, ajoute-t-il. Il n’y a aucun sujet pressant : nous nous autofinançons et n’avons pas besoin de fonds propres », glisse le dirigeant, qui admet néanmoins que « de possibles mouvements au capital ne sont pas à exclure ». Guillaume Carrère, qui savoure par ailleurs le « triomphe judiciaire » obtenu par Doctrine, se dit plutôt concentré sur les cinquante recrutements prévus dans l’entreprise et le déploiement de nouvelles innovations, comme un outil sur des conventions fiscales internationales.
Depuis qu’ils ont créé Doctrine en 2016, Nicolas Bustamante, Antoine Dusséaux et Raphaël Champeimont ont limité les levées de fonds. Si certains membres de la French Tech ont amassé des centaines de millions d’euros pour financer leur course à l’hypercroissance, la legaltech s’est contentée de 12 millions d’euros d’augmentations de capital. Une enveloppe qu’elle a pu réunir auprès de Kima Ventures, la structure de capital-risque de Xavier Niel (actionnaire de l’Informé), et Otium Capital, la société d’investissement de Pierre-Edouard Stérin, le fondateur de Smartbox.
Le passage de Doctrine sous le contrôle d’un fonds de private equity pourrait ouvrir la voie à un développement international. « Si la duplication du modèle dans les juridictions anglo-saxonnes n’est guère évidente, son potentiel en Italie, en Allemagne, en Belgique ou en Espagne est réel, ces pays ayant un droit aux caractéristiques proches du nôtre », relève un connaisseur de l’entreprise.