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Continuer la lecture123 IM planche sur une vente à un industriel
Offre professionnelleTrois ans après avoir ouvert un quart de son capital à des family offices, la société de gestion veut revoir son actionnariat. Elle pourrait s’adosser à un assureur, une mutuelle ou un groupe de conseil en gestion de patrimoine.
L’un des pionniers du capital-investissement pour les particuliers pourrait bientôt vivre une petite révolution. Créé en 2000 par Olivier Goy, Xavier Anthonioz et Richard Allanic (décédé en 2011), 123 IM et ses filiales totalisent aujourd’hui près de 2 milliards d’encours facturables. Une taille qui en fait toujours un acteur significatif sur son marché, même s’il ne cesse d’être concurrencé par des acteurs au positionnement un peu différent, nés bien après lui, à l’instar d’Altaroc, Opale Capital ou Private Corner. Selon plusieurs sources, la société de gestion a engagé des réflexions stratégiques sur une évolution de son actionnariat. Ce chantier pourrait conduire à un adossement à un autre acteur, comme un assureur, une mutuelle ou un groupe de conseil en gestion de patrimoine (CGP), qui pourrait se doter d’une société de gestion maison pour la combiner à son réseau commercial. 123 IM planche avec la banque d’affaires Newco Corporate Finance et son fondateur Jean-Louis Duverney-Guichard, a appris l’Informé. Les jeux sont ouverts. « Si le scénario d’une vente fait bien partie des options, l’équipe évalue aussi la possibilité de conserver son indépendance, en s’appuyant par exemple sur l’entrée d’un nouveau gros actionnaire minoritaire, qui pourrait apporter quelque chose de plus à 123 IM », souffle même un bon connaisseur de la structure.
Plusieurs sources affirment que le groupe se serait décidé à ouvrir un nouveau round de réflexion après avoir été approché plus tôt cette année, notamment par l’un des grands groupes de CGP en France, Crystal… un acteur avec qui les liens sont étroits, non seulement sur le plan commercial mais aussi parce qu’123 IM en a été actionnaire minoritaire jusqu’à l’arrivée de Goldman Sachs au capital du groupe l’an passé. Mais le sujet d’une refonte de l’actionnariat devait de toute façon se poser puisque les actionnaires d’123 IM avaient convenu d’une clause de rendez-vous en 2026 pour discuter de la suite, trois ans après l’ouverture d’un quart du capital à des acteurs extérieurs, Spice Capital (structure d’investissement des fondateurs de la marque d’épices Ducros) et Céleste (entité de la famille Louis-Dreyfus) pour les principaux. Cette opération, qui avait conduit à la sortie de plusieurs associés non-opérationnels, s’était accompagnée de la montée au capital d’une jeune garde d’associés - Marc Guittet, Isabelle Deby, Barthélémy Renaudin et Pierre Dupuy-Chaignaud - aux côtés de Xavier Anthonioz, président du directoire. L’équipe de management garde toujours la majorité du capital.
Ce n’est pas la première fois que le spectre d’une vente surgit pour 123 IM. Selon nos informations, en 2017, des discussions avancées avaient été engagées avec un poids lourd de la gestion de fortune, Primonial, en vue d’un adossement qui aurait pu valoriser la société de gestion plus de 70 millions d’euros. Les négociations avaient toutefois débouché sur une impasse après la métamorphose de l’ISF en Impôt sur la fortune immobilière (IFI) voulue par Emmanuel Macron, 123 IM étant historiquement un grand spécialiste des véhicules d’investissement défiscalisés.
Le pionnier s’est d’abord fait un nom en proposant aux particuliers aisés d’investir dans ses fonds de fonds. Ces véhicules - qui soutiennent d’autres gérants pour qu’ils prennent des participations dans des entreprises - n’étaient jusqu’alors accessibles qu’à partir de plusieurs millions d’euros de souscription, ce qui les réservait de facto aux institutionnels ou aux family offices. 123 IM s’est ensuite progressivement focalisé sur les investissements en direct dans des start-up ou des PME. Comme beaucoup d’autres acteurs tels qu’AGF Private Equity (devenu Idinvest par la suite), Truffle Capital, A Plus Finance ou Entrepreneur Invest, le financier a pu décoller grâce aux Fonds d’investissement de proximité (FIP) et aux Fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI), des véhicules qui permettaient aux souscripteurs de prétendre à une déduction d’impôts sur le revenu ou, à partir de 2008, sur l’ISF grâce à la loi Tepa votée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Mais la disparition progressive de ces carottes fiscales a conduit le gérant et ses concurrents à trouver d’autres souscripteurs, en ciblant de plus en plus les institutionnels, même si les particuliers, via les cabinets de CGP et les banques privées, conservent un poids très majoritaire.
L’investisseur s’est par ailleurs efforcé de renouveler son offre, en capitalisant sur une poignée de spécialités comme la santé ou le tourisme, avec parfois des offres très pointues - comme des fonds obligataires destinés à soutenir des officines de pharmacies. L’acquisition de Fondinvest Capital lui a donné l’occasion en 2024 de renouer avec les fonds de fonds autour d’une nouvelle activité - baptisée Pams. En 2019, le groupe a mis la main sur Lendosphère, afin de se diversifier dans le financement participatif de projets liés à la transition énergétique - une brique qu’il a renforcée l’an passé par l’acquisition de Lendopolis auprès de La Banque Postale. Il a aussi été le partenaire privilégié de Bpifrance dans la commercialisation des deux premiers fonds de fonds dédiés aux particuliers, Bpifrance Entreprises 1 et 2. Il assurait la distribution des deux véhicules, ainsi que la gestion de son passif. Un partenariat qui n’a toutefois pas été renouvelé, Tygrow ayant ensuite pris le relais comme prestataire de gestion. En 2024, il a lancé Pierre Responsable REIM, une filiale d’investissement dans l’immobilier qui cible le résidentiel social, l’éducation ou la santé. Quasiment au même moment, il a aussi parié sur le financement d’investissements outre-Mer (dispostifs Girardin) avec l’acquisition d’Infi. Le tout aujourd’hui représenterait une dizaine de millions d’euros d’Ebitda.
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