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Continuer la lectureRichard Terzan, le président du groupe Risk & Co-Anticip, sur la sellette
Seul à la tête du groupe d’intelligence économique après en avoir écarté le directeur général, Richard Terzan semble tombé en disgrâce auprès de ses actionnaires alors que les difficultés économiques s’accumulent. Un manager de transition vient d’être nommé.
Orage en vue entre Richard Terzan et ses actionnaires. Selon plusieurs sources, les relations entre le président des sociétés Risk & Co et Anticip et ses partenaires - la holding Batipart de l’homme d’affaires Charles Ruggieri et le fonds de la maison princière de Liechtenstein LGT Capital Partners - se sont récemment tendues sur fond de mauvais résultats économiques. Richard Terzan est toujours en place mais un manager de transition, Philippe Demigné, vient même d’être nommé.
Il faut dire que les nuages s’amoncellent ces dernières années pour le groupe d’intelligence économique. Selon les derniers comptes disponibles, Risk & Co est certes parvenu à contenir ses pertes, réduites de 862 000 euros en 2019 à 197 000 euros en 2021 (pour 12,7 millions d’euros de chiffre d’affaires), mais son propriétaire Anticip a creusé les siennes, passées de 1,33 million d’euros en 2019 à 2,78 millions d’euros en 2021 (pour 1,95 million de chiffre d’affaires). Aucune des deux sociétés n’a engrangé de bénéfices depuis 2018.
Risk & Co, issu de la fusion en 2008 des cabinets BD Consultants de Bruno Delamotte et Atlantic Intelligence de Philippe Legorjus, a été racheté fin 2019 par son concurrent Anticip, actif dans la sécurité privée, notamment en Irak. À cette occasion, le fonds de la maison princière de Liechtenstein alors propriétaire de Risk & Co, LGT Capital Partners, a réduit sa participation à 25,2 % mais est monté à 49,6 % dans Anticip, tandis que Batipart, l’investisseur historique d’Anticip désormais minoritaire, a pris le contrôle d’environ 25 % du capital de Risk & Co. Les deux fondateurs d’Anticip, Richard Terzan et l’ancien du GIGN Cyrille Peguilhan de Sartoux, ont quant à eux acquis chacun 25,1 % des parts de Risk & Co.
Les deux entreprises ont été à partir de là respectivement présidées et dirigées par Terzan et Peguilhan de Sartoux. La « fusion » attendue, notamment entre les équipes, n’a toutefois pas eu lieu. Les tensions sont ensuite allées croissant entre les deux associés, sur fond de désaccords stratégiques et personnels, et Cyrille Peguilhan de Sartoux a été évincé à l’automne 2021. Il a parallèlement réduit à 5 % sa participation dans l’entreprise. Ce mouvement a alors entraîné le départ de plusieurs cadres historiques, comme l’avait relaté Intelligence Online, et fragilisé la relation entre Risk & Co et certains de ses clients les plus importants, comme TotalEnergies ou le Groupe ADP (Aéroports de Paris), pour lesquels l’entreprise réalisait notamment des prestations d’ingénierie sûreté dans des pays à risques.
« Cyrille Peguilhan de Sartoux était l’opérationnel, celui qui traitait avec les clients, tandis que Richard Terzan savait parler aux actionnaires, analyse un acteur du secteur auprès de l’Informé. Sous sa présidence, le groupe a tout misé sur le cyber, les équipes de Risk & Co dédiées à l’intelligence économique sont aujourd’hui complètement désœuvrées. ». Risk & Co a toutefois remporté en janvier 2022 le marché de la sécurisation du chantier de la cathédrale Notre-Dame de Paris, sur lequel elle a abondamment communiqué.
Ce virage cyber avait été amorcé en amont. L’entreprise était déjà parvenue à décrocher des contrats substantiels dans le domaine, notamment fin 2018 au sein d’un consortium mené par la société CINES pour le compte de la Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information (DIRISI) du ministère des armées. Mais celui-ci n’a pas été reconduit en 2022. Plus largement, malgré les nombreuses embauches réalisées, cette stratégie n’a pas produit de miracles économiques. Parallèlement, les activités de sûreté privée d’Anticip, notamment en Irak, ont décliné. Contactés, Richard Terzan, Batipart et LGT Capital Partners n’ont pas souhaité répondre à nos questions.
Article actualisé le 23 février avec l’ajout de la nomination de Philippe Demigné comme manager de transition et la modification du pourcentage détenu par Cyrille Peguilhan de Sartoux dans le capital de la société.