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Continuer la lecturePourquoi Leboncoin réclame plus de 27 millions d’euros à Google
Le site de petites annonces en ligne et sa maison mère ont saisi le tribunal de commerce de Paris contre l’abus de position dominante du moteur dans la pub en ligne, déjà sanctionné par l’autorité de la concurrence.
Google va sans doute devoir ouvrir son portefeuille. Le groupe américain est poursuivi devant le tribunal de commerce de Paris par Leboncoin et sa maison mère, Adevinta. Les débuts de cette action, menée avec six autres groupes représentant 22 sociétés au total (SIPA Ouest-France, Le Figaro, Prisma M...
Cette procédure, nommée « action follow on » en langage juridique, s’appuie sur une autre décision rendue en 2021 par l’autorité de la concurrence. Les sages de la rue de l’Échelle avaient alors jugé Google coupable d’abus de position dominante dans les technologies publicitaires (adtech) et lui avaient infligé une amende, non contestée, de 220 millions d’euros. Le régulateur avait démontré la domination du géant américain que ce soit dans l’achat mais aussi dans la vente d’espaces publicitaires sous la forme d’enchères puis leur diffusion sur des sites grâce à son adserver. Sa position centrale dans ce mécanisme lui permettait de voir les offres de tous ses concurrents et de s’aligner sur leurs prix afin de remporter très souvent les contrats. « Google a accordé un traitement préférentiel à ses technologies propriétaires (...) au détriment de ses concurrents et des éditeurs », avait précisé l’Autorité de la concurrence.
En tant qu’éditeur justement, Leboncoin estime avoir pâti de ces agissements. Car le service profite de sa forte audience, 30,2 millions de visiteurs uniques par mois (selon les données Médiamétrie d’octobre 2024), pour afficher des publicités sur ses pages grâce à la technologie DoubleClick de Google. Le 8e site le plus fréquenté en France croit avoir été pénalisé par son partenaire. À titre indicatif, au premier trimestre de cette année, Adevinta a affiché un chiffre d’affaires publicitaire de 70 millions d’euros en baisse de 7 % (dont 14 millions d’euros en France). Ce montant était de 312 millions d’euros sur l’ensemble de 2023 (dont 62 millions d’euros pour la France).
Interrogé, le groupe de Mountain View (Californie) assure être « en désaccord avec ces affirmations, nos engagements auprès de l’Autorité de la concurrence française démontrent l’ampleur du travail effectué avec les régulateurs afin de répondre aux questions concernant notre activité. » De son côté, Leboncoin n’a pas souhaité faire de commentaires sur une affaire en cours.