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Continuer la lectureAffaire Braaxe : nouvel échec pour l’agence épinglée par Balance ton Agency
La société a été condamnée à régler des factures impayées à un ancien employé qu’elle accusait d’être à la tête du compte Balance ton Agency (BTA), qui dénonce les cas de harcèlement au sein des agences de pub et de communication.
L’affaire avait fait grand bruit. En 2020, le compte Instagram « Balance ton Agency » (BTA) commence à partager des posts relatant diverses violences dans le milieu de la com’ et de la publicité. Havas, Publicis, Epoka… Les témoignages affluent vers le compte créé par la communicante Anne Boistard et...
Le président du groupe Australie qui avait envisagé de racheter Braaxe jette finalement l’éponge devant l’ampleur de la polémique. Bien lui en a pris car l’agence, rebaptisée Life Like Conseil, est allée de Charybde en Scylla. Elle a été placée en redressement début 2023, puis en liquidation en juillet 2024. Mais elle n’en a pas pour autant fini avec la justice. En effet, le 16 mai dernier, la Cour d’appel de Paris vient de donner raison à un de ses anciens prestataires qui tentait désespérément de récupérer son dû depuis 2021.
Pour comprendre les dessous de ce dossier, retour en 2021. Après avoir été salarié de Braaxe jusqu’en 2019, Andy Camicci, développeur informatique, effectue des missions pour son ex-employeur, puis décide d’arrêter. Mais au moment de se faire payer ses factures, Braaxe lui oppose une fin de non-recevoir. Le technicien finit par saisir le tribunal de commerce. La ligne de défense de Braaxe pour justifier son attitude ? Andy Camicci aurait été identifié par des opérateurs comme étant « auteur de publications attentatoires à l’image et à la notoriété de Braaxe via Balance ton Agency ». Selon Braaxe, il se serait donc rendu coupable d’une « faute d’une exceptionnelle gravité », entraînant donc « la nullité rétroactive des contrats conclus ». « M. Camicci a joué un double jeu particulièrement malsain pendant de longs mois, mangeant la laine sur le dos du mouton qu’il empoisonnait par ailleurs », mentionne même Braaxe dans sa plaidoirie.
Une version des faits vivement contestée par l’ancien prestataire, qui dément avoir alimenté Balance ton Agency de quelque façon que ce soit. Contacté par l’Informé, il explique s’être simplement connecté au compte pour aider son amie Anne Boistard à configurer correctement ses paramètres de confidentialité. Le tribunal de commerce lui a donné raison en octobre 2022, estimant alors que « Life Like Conseil échoue à démontrer la volonté manifeste de lui nuire dans les missions qui lui ont été confiées et n’apporte pas la preuve du dol invoqué ». La juridiction condamne alors la société à verser plus de 11 000 euros à son ex-prestataire, dont 500 euros de dommages et intérêts pour résistance abusive.
Mais l’agence qui campe sur ses positions fait appel de cette décision. L’ex-Braaxe y déroule encore une fois son argumentaire : Andy Camicci était administrateur ou animateur de Balance ton Agency. Pour preuve, l’agence aurait connaissance de messages échangés entre l’ex-prestataire et Anne Boistard, également ex-salariée de l’agence, des messages qui auraient été saisis dans le cadre d’une autre procédure. Toutefois, là encore, la juridiction a estimé que « les quelques conseils que M. Camicci a pu délivrer à Mme Boistard ne permettent pas d’inférer la preuve du lien de causalité entre des faits de dénigrement qui lui sont imputés et l’existence d’une ’animation de site’ qui ne recouvre aucun fondement juridique ». Le 15 mai dernier, la cour d’appel de Paris a donc débouté Life Like Conseil de ses demandes : la société réclamait à Andy Camicci 5 000 euros au titre de procédure abusive, et le remboursement de 1 034 euros de factures déjà payées. La cour a confirmé quasi intégralement le jugement de première instance, annulant seulement le versement de 500 euros de dommages et intérêts. « La société étant aujourd’hui en liquidation, je sais que je ne toucherai pas d’argent », regrette Andy Camicci auprès de l’Informé. Il n’a pas été avisé d’un éventuel pourvoi en cassation.
Cette affaire est pourtant loin d’être la première déconvenue judiciaire de l’agence fondée par Julien Casiro. L’ex-dirigeant a intenté une procédure en diffamation contre Balance ton Agency. Sans succès : le 12 février dernier, Anne Boistard a été relaxée par le tribunal correctionnel de Paris. Une décision dont il a fait appel. Entre-temps, en 2022, Braaxe a même été condamnée aux prud’hommes, notamment pour harcèlement sexuel. Une décision, là encore, frappée d’appel. Enfin, Julien Casiro fait également l’objet d’une enquête pénale pour harcèlement moral et sexuel. Contacté, l’ex-patron indique que sa société Life Like Conseil ayant été placée en liquidation judiciaire, il n’est « plus décisionnaire » des affaires concernant directement l’entreprise. Sur le volet pénal, l’ex-dirigeant l’assure : « Je n’ai jamais été contacté à ce sujet par aucun service, malgré mes démarches pour me mettre à disposition, donc je ne sais pas ce qu’il en est. Je n’ai même jamais été dûment informé de l’existence d’une information judiciaire. »
Le compte Balance ton Agency suspendu par Instagram
Depuis plusieurs jours, il est impossible de retrouver Balance ton Agency sur Instagram. Et pour cause : selon nos informations, la plateforme détenue par Meta a suspendu le compte suivi par près de 250 000 personnes le 5 juillet dernier. Une mesure qui fait suite à des signalements de l’humoriste Nino Arial pour atteinte aux droits d’auteur, pratique fréquente d’Instagram lorsque des contenus sont reproduits sans autorisation de leur auteur. En avril dernier, le compte détenu par Anne Boistard avait en effet épinglé l’artiste, dénonçant notamment un de ses sketches sur Halloween, dans lequel il adressait un « petit message à certaines meufs : pute n’est pas un costume qui fait peur ». Anne Boistard a fait appel de cette décision auprès d’Instagram. « J’espère pouvoir récupérer rapidement mon compte, indique la communicante à l’Informé. Je m’inquiète de la montée du masculinisme à travers la suspension d’un compte féministe. Ce sont toujours les victimes ou les personnes qui visibilisent les victimes qui sont touchées », regrette-t-elle. Nino Arial n’avait pas répondu à nos sollicitations à l’heure de la publication de cet article.