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Finance - Conseil

La descente aux enfers de l’agence Trends, qui plie boutique

La société de communication travaillait avec de grands noms comme Puma, Hinge ou encore Pulco. Placée en liquidation, elle laisse de lourdes ardoises derrière elle.

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Fin de partie pour Trends. Fin avril, dans un post Instagram, Jean-Baptiste Quesnay annonçait la fermeture de son agence de communication, créée à Paris en 2016 et étendue ensuite à Dubaï et à Tokyo. « Trends n’est pas seulement une entreprise que nous fermons, c’est un héritage, un esprit, une vision, une histoire qui se perpétuera à travers tout ce qui va suivre », a assuré le cofondateur, énumérant d’impressionnantes performances : 3 000 projets menés, en partenariat avec 10 000 acteurs, 20 millions d’euros de chiffre d’affaires généré en Europe, en Asie et au Moyen-Orient…

Mais Trends, c’est aussi de nombreux impayés, et des prestataires en colère, comme nous le révélions en septembre dernier. Des montagnes de difficultés qui ont conduit la société devant le tribunal de commerce de Paris : ce mardi 29 avril, l’agence a été placée en liquidation judiciaire, nous a confirmé Jean-Baptiste Quesnay, qui n’a toutefois pas souhaité répondre plus longuement à nos questions, indiquant que, « n’étant plus mandataire social de la société », il n’avait « plus qualité à s’exprimer en [son] nom ». Toujours est-il que l’entrepreneur laisse derrière lui de lourdes dettes, comme a pu le constater l’Informé.

Trends cumule d’abord près d’1,4 million d’euros d’impayés auprès de divers organismes. Dans le détail, comptez 256 239 euros de créances auprès du gestionnaire de retraites Agirc-Arrco, 590 414 euros auprès de l’Urssaf, et enfin 553 033,14 euros auprès du fisc. Et les difficultés ne sont pas nouvelles : les plus anciennes de ces ardoises remontent à fin 2022 et début 2023.

Aussi, le spécialiste des relations presse et influenceurs ne payait plus le loyer de ses bureaux dans le 9e arrondissement de Paris depuis un moment. À tel point que le propriétaire des lieux, Kitsuné Creative (maison Kitsuné), l’a assigné en justice, avec succès. Le 14 février dernier, le tribunal de commerce de Paris a condamné l’agence à verser 235 000 euros de provisions à son bailleur et a ordonné son expulsion et la résiliation de son contrat de sous-location. Dans le jugement, consulté par l’Informé, il est mentionné que la société de marketing était déjà en cessation de paiements en décembre dernier. Peu après, Jean-Baptiste Quesnay annonçait pourtant dans un communiqué publié sur Challenges lancer son studio de création de contenus digitaux.

De quoi faire enrager les nombreux prestataires réclamant des paiements depuis longtemps. Ces derniers mois, beaucoup d’entre eux n’ont pas hésité à exprimer leur mécontentement sur LinkedIn, comme le créateur de contenus Lucas Romeuf, ou encore l’agente de talents Marie Cayrel. Dans son post, cette dernière raconte avoir été sollicitée par Trends pour que certains de ses talents relaient une campagne pour l’application de rencontre Hinge en octobre dernier. Montant de l’opération ? Environ 11 000 euros. Mais, et c’est le hic, elle n’a pas reçu le versement correspondant aux prestations de ses poulains, qu’elle a tout de même réglés. Après des relances, et une tentative de conciliation de justice non fructueuse, elle s’est agacée de la situation dans un commentaire sur LinkedIn, sans nommer l’agence. Quelque temps plus tard, elle recevait un paiement de la moitié de son dû… et une mise en demeure pour diffamation.

Le 31 mars dernier, finalement, Trends a envoyé un mail à l’ensemble des personnes concernées par l’opération menée avec l’application de rencontre… et indiqué que, contrairement à ce qui était auparavant affirmé aux créateurs, l’agence avait bien reçu le règlement de la part de Hinge, et était donc « responsable du traitement de tous les paiements restants aux créateurs ». Dans cette missive sibylline, ni l’état de cessation de paiements, ni l’ouverture prochaine d’une procédure collective n’ont été mentionnés, et ce, alors que ces éléments étaient connus de l’entreprise depuis décembre au moins. L’agence écrivait simplement : « Nous examinons actuellement toutes les factures en souffrance et nous nous efforçons de faire en sorte que tout le monde soit indemnisé dans les plus brefs délais. »

Conformément à la loi dans ce type de situation, les différents créanciers de Trends auront maintenant deux mois à compter de la publication au Bodacc du jugement d’ouverture de la procédure de liquidation pour déclarer leur dû au mandataire judiciaire. Toutefois, face à la situation, plusieurs prestataires sont aujourd’hui résignés. « On sait qu’ils ne régleront jamais nos factures », soupire un créateur de contenus à l’Informé. De leur côté, sur leurs réseaux sociaux, les deux cofondateurs de l’entreprise Jean-Baptiste Quesnay et Sarah-Sandra Taibi ont tous deux rivalisé de superlatifs pour décrire, en anglais, l'« entreprise de mes rêves » pour l’un, ou encore ce « voyage extraordinaire » pour l’autre.