L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lecturePourquoi la DGCCRF a accepté le retour de Wish.com sur Google
La Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) nous explique pourquoi, contre toute attente, elle a demandé la fin du déréférencement de Wish dans les moteurs.
Depuis novembre 2021, il était devenu impossible de la trouver sur Google, Qwant ou encore Bing : la plateforme Wish avait été déréférencée après une injonction de la DGCCRF. Mais l’histoire est désormais à conjuguer au passé : vendredi, Wish.com a fait son grand retour sur les moteurs de recherche. Contactée, Google a expliqué hier à Politico et l’Informé avoir « reçu une notification de la DGCCRF nous informant que l’injonction du 23 novembre 2021 nous ordonnant de déréférencer Wish.com de notre moteur de recherche et de Play est levée ».
C’est le dénouement d’un dossier qui avait débuté voilà deux ans. Le 25 mai 2021, les agents de la Répression des fraudes avaient constaté la présence sur Wish.com de nombreux produits dangereux pour le consommateur. Jouets, bijoux fantaisistes, appareils électriques comme des guirlandes, mais aussi des articles de puériculture telles ces tétines tartinées au bisphénol A… À chaque fois, de graves violations aux règles de conformité françaises et européennes. Le 15 juillet 2021, le directeur départemental du service national des enquêtes de la DGCCRF avait bien enjoint le site de cesser ces pratiques, mais sans effet convaincant. Le 23 novembre 2021, à une semaine du Black Friday, il ordonnait alors à Google, Qwant, Microsoft et Apple le déréférencement intégral du site des moteurs et des magasins d’application respectifs. Une première.
Plus de 15 mois plus tard, la DGCCRF a donc levé cette mesure, conduisant les trois moteurs à réindexer Wish. Contactés, les services de la direction de la répression des fraudes nous expliquent avoir pris cette décision « au regard des éléments produits, des engagements pris et des vérifications opérées ». En particulier, « la société a notamment mis en place des mesures concernant les procédures de retrait/rappel et de limitation de la présence sur la plateforme de produits similaires à ceux ayant été reconnus non conformes et dangereux » (lire la réponse intégrale en fin de cet article).
Cette décision n’est donc pas liée à un recours gagné par ContextLogic Inc., l’éditeur de Wish. D’ailleurs, devant le tribunal administratif de Paris comme devant le Conseil d’État, il a connu échec après échec. La société américaine avait même tenté de faire tomber l’article du Code de la consommation qui arme les agents de Bercy du pouvoir d’ordonner de telles mesures, mais peine perdue. Le 21 octobre 2022, les neuf Sages de la rue de Montpensier déclaraient la disposition conforme à la Constitution.
Le 10 mars dernier, soit le même jour où la DGCCRF ordonnait le re-référencement de Wish.com, le tribunal correctionnel de Paris condamnait la plateforme à 3 millions d’euros d’amende, auxquels se sont ajoutés 250 000 euros pour Peter Szulczewski, fondateur et ancien PDG du site. Des amendes décidées dans le cadre d’une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC, dit « plaider coupable »). Cette fois, ce sont principalement les pratiques commerciales du site qui ont été dans le viseur. Les clients de Wish se voyaient proposer de généreuses ristournes pouvant atteindre jusqu’à 90 % alors qu’elles étaient « dénuées de réalité économique », dixit les services du ministère de l’Économie. Ces problèmes constatés entre novembre 2018 et novembre 2019 ont été réglés « depuis un certain temps », nous a assuré ContextLogic Inc.
Réponse de la DGCCRF
Le site et l’application Wish de la société ContextLogic ont été déréférencés pendant plus d’un an à la suite de la mise en œuvre d’une injonction numérique par la DGCCRF en novembre 2021. Pendant cette période, la DGCCRF a régulièrement échangé avec la société en étant très ferme sur les mesures attendues permettant de respecter l’injonction de cesser de tromper le consommateur. Après plus d’un an d’échanges avec la société Contextlogic et au regard des éléments produits, des engagements pris et des vérifications opérées par la DGCCRF, il a été mis fin au déréférencement du site Wish.com et de son application.
La mesure de déréférencement faisait suite à une enquête de la DGCCRF ayant constaté la mise en vente d’un grand nombre de produits non-conformes et dangereux, avec des taux de dangerosité particulièrement élevés pour certaines familles de produits, et une information trompeuse des consommateurs sur la nature des produits, les risques inhérents à leur utilisation et les contrôles effectués. Ces constats avaient conduit la DGCCRF à enjoindre en novembre 2021 aux principaux gestionnaires de moteurs de recherche et magasins d’applications mobiles de déréférencer le site de e-commerce Wish et son application mobile, afin de protéger les consommateurs et de mettre fin aux manquements de Wish. Dans le cadre des échanges ayant eu lieu depuis avec la DGCCRF, la société a notamment mis en place des mesures concernant les procédures de retrait/rappel et de limitation de la présence sur la plateforme de produits similaires à ceux ayant été reconnus non conformes et dangereux.
Une vigilance particulière sera apportée par la DGCCRF au respect des engagement pris par Wish, s’intégrant plus largement dans son action de surveillance des plateformes proposant des produits aux consommateurs français, tant en matière de loyauté des pratiques commerciales que de sécurité des produits qui y sont vendus.
Article modifié le 14 mars à 11h06 suite aux précisions apportées par la DGCCRF.