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Pourquoi Charlotte Caron de Koh-Lanta et le brûleur de graisse de Maeva Ghennam sont sanctionnés par la DGCCRF

L’ancienne candidate de Koh-Lanta est rappelée à l’ordre pour ne pas avoir indiqué que ses posts sur les réseaux sociaux étaient rémunérés. La Répression des fraudes a aussi infligé une amende à un vendeur de pilules minceurs vantées par de célèbres influenceuses.

07 December 2021, Baden-Wuerttemberg, Villingen-Schwenningen: The application app Instagram is seen on the display of an iPhone SE. Photo: Silas Stein/dpa (Photo by Silas Stein/picture alliance via Getty Images)
07 December 2021, Baden-Wuerttemberg, Villingen-Schwenningen: The application app Instagram is seen on the display of an iPhone SE. Photo: Silas Stein/dpa (Photo by Silas Stein/picture alliance via Getty Images) picture alliance / dpa/picture alliance via Getty I

Bientôt de nouveaux garde-fous contre les dérives des influenceurs ? Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire doit présenter une série de mesures le 20 mars, tandis qu’une proposition de loi pour lutter « contre les arnaques et dérives des influenceurs » est inscrite à l’agenda de l’Assemblée nationale le 28 mars. Pour autant, le cadre légal actuel permet déjà largement de sanctionner les pratiques contestables. Pour preuve, ces deux cas récents, que L’Informé est en mesure de détailler.

Cette fois, un collier d’immunité ne sera d’aucune utilité à Charlotte Caron. Candidate de Koh Lanta dans l’édition diffusée sur TF1 au printemps 2020, elle vient d’être rappelée à l’ordre pour ses activités en ligne : les services de la Répression des fraudes lui reprochent « l’absence de mention permettant d’identifier son intention commerciale lors des publications pour lesquelles elle est rémunérée ».

De Koh Lanta à Instagram

Ils ont envoyé une injonction de mise en conformité à Chacom, sa petite société de marketing d’influence créée dans la foulée de l’émission. Également apparue dans l’émission La villa des cœurs brisés en 2022, elle compte 137 000 abonnés à son compte Instagram. Elle collabore, par exemple, avec des marques de bijoux. Elle risque désormais d’être rapidement mise à l’amende si elle persiste à « oublier » des mentions du type #sponsorisé ou #partenariat sur ses posts réalisés en collaboration.

L’absence de transparence sur les motivations commerciales est un manquement répandu chez les influenceurs : 60 % de ceux que les services de la Répression des fraudes (DGCCRF) ont ciblés dans leurs contrôles « ne respectent pas la réglementation sur la publicité et les droits des consommateurs », selon un communiqué de presse publié au mois de janvier. Celui-ci ne citait toutefois aucun nom d’influenceur concerné. Les sanctions nominatives, lorsqu’elles sont publiées (c’est loin d’être systématique), le sont plus discrètement, dans une rubrique dédiée aux sanctions sur le site de l’administration.

Une amende pour le « brûleur de graisse » de Maeva Ghennam

Très prisés des influenceuses, les brûleurs de graisses et autres pilules minceur de marque Khiernewman sont aussi dans le collimateur de la DGCCRF. Ces produits avaient été mis en avant par des comptes suivis parfois par des millions d’internautes. Leurs posts, datant de ces dernières années, ont été retrouvés par le Collectif d’aide aux victimes d’influenceurs (collectif AVI). Ainsi Magali Berdah proposait un code de promotion permettant d’acheter le produit à 10 € au lieu de 79,90 €, tandis que Maeva Ghennam vantait « un bon brûleur de graisse qui fonctionne pour mincir ». Sarah Fraisou et Camélia Benattia ont également vanté les produits Khiernewman. Et ce n’est même pas à cause des illusoires promesses minceur que le fabricant a été sanctionné ! Début mars, l’administration a infligé une amende de 30 000 € à la société gérant le site de vente, K & M. Cosmétique, pour absence des « informations précontractuelles obligatoires ».

De fait, une visite sur le site khier-newman.fr n’est guère rassurante sur le sérieux de la marque. Selon nos constats, l’adresse de la société y est introuvable et avant le paiement, aucune information n’est donnée sur le droit de rétractation. En effet, le site n’affiche pas de conditions générales de vente. Autant d’infractions grossières à la réglementation sur la vente en ligne pour cette société domiciliée à Vaulx-en-Velin, mais créée par un trentenaire de Dijon.

La société dépense sans compter pour vanter ses produits via les influenceurs. Selon des documents déposés auprès du tribunal de commerce, elle avait consacré près de 1,1 million d’euros au poste « publicité (rémunération influenceurs) » en 2020, seuls chiffres disponibles. Cette même année, elle avait réalisé un chiffre d’affaires de 4,2 millions d’euros pour un résultat net confortable, dépassant 1,3 million d’euros. De quoi relativiser l’ampleur de l’amende infligée par l’administration…

Invités à réagir, ni Charlotte Caron, ni la société K & M. cosmétique n’ont répondu à notre demande.

Les plaintes explosent sur la plateforme officielle

La médiatisation des dérives des influenceurs ces derniers mois contribue à faire remonter les plaintes auprès des autorités. Le nombre de signalements déposés sur la plateforme officielle SignalConso a été multiplié par plus de quatre depuis l’automne dernier, selon les calculs réalisés par L’Informé, en analysant les données publiques de la plateforme. La rubrique dédiée aux influenceurs existe sur SignalConso depuis octobre 2021. Jusqu’en octobre 2022, elle enregistrait en moyenne entre 50 et 100 signalements par mois. Le chiffre s’est brusquement envolé depuis : 325 en novembre, 491 en décembre, 350 en janvier 2023 et 235 en février 2023, selon notre décompte. SignalConso permet à la fois de signaler un problème aux autorités de la Répression des fraudes, qui gèrent le site, et d’espérer obtenir une réponse directe de la part du professionnel mis en cause. En effet, celui-ci peut répondre en ligne.