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La première banque d’Atos quitte le navire

L’allemand Commerzbank, qui était la tête de proue des établissements étrangers au sein du comité de pilotage des banques, a cédé sa créance sur le marché secondaire de la dette.

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LUDOVIC MARIN / AFP

Le ciel s’éclaircit (un peu) pour Atos. Le 20 juin, le groupe de services numériques en grandes difficultés est parvenu à accorder ses violons avec des banques et ses créanciers obligataires pour récupérer des liquidités vitales avant sa vaste restructuration financière. Il devrait maintenant conclure un accord de principe sur ce plan d’ampleur avec le consortium Onepoint de David Layani, dont l’offre de reprise a été préférée à celle du milliardaire Daniel Kretinsky. Mais une banque manque à l’appel. Selon nos informations, l’allemande Commerzbank a revendu l’essentiel de sa créance sur le marché secondaire de la dette, enregistrant au passage une importante perte.

Premier établissement bancaire d’Atos (en termes d’exposition), Commerzbank détenait une créance de près de 200 millions d’euros (contre 162 millions pour BNP Paribas, Barclays, ING…). « Celle-ci a été cédée sur la base d’un discount d’environ 70 % », note un membre du comité de pilotage - l’entité réunissant les six principaux établissements bancaires du groupe de services numériques. Cette cession au rabais signifie-t-elle pour autant que Commerzbank n’approuve pas le plan conçu par le clan Layani, à l’instar de BNP Paribas et des banques françaises ?

L’alliance formée par le self-made-man promet de réduire de 60 % la dette de près de 5 milliards d’euros qui plombe le groupe de 94 000 salariés et d’injecter 1,75 milliard de liquidités supplémentaires (dont 250 millions en fonds propres). Le plan est jugé moins violent pour les créanciers que celui du milliardaire tchèque, mais présente un risque un peu plus important de nouveau dérapage de l’endettement à moyen terme. « La décision de Commerzbank de se désengager n’est pas liée à un manque d’adhésion au plan de Layani, mais davantage au risque de casse sociale en Allemagne, croit savoir une source. Un plan social d’ampleur dans le pays n’est en effet pas à exclure. »

Commerzbank n’est cependant pas la seule banque à avoir voulu céder tout ou partie de sa créance. En février déjà, l’Informé avait révélé le projet du Crédit Agricole CIB en la matière. La filiale de financement et d’investissement de la banque verte avait finalement fait marche arrière, en raison des pressions politiques.

Contactés, ni Commerzbank ni Atos n’ont souhaité commenter.