L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureL’appli française de rencontre Happn veut séduire un repreneur
Après avoir quitté la start-up qu’il avait cofondée, sur fond d’accusations de violences sexuelles, son propriétaire Didier Rappaport cherche aujourd’hui à tourner la page.
Happn va-t-elle enfin réussir à trouver son âme sœur ? Depuis plusieurs années, la célèbre application française de rencontre par géolocalisation cherche discrètement un repreneur, sans toutefois parvenir à ses fins. Les premières tentatives ont démarré peu après le départ de son cofondateur Didier Rappaport, accusé de violences sexuelles par 70 de ses collaborateurs, comme l’avait révélé Mediapart en 2021. Un mandat avait ensuite été confié à la boutique M&A Torch Partners, sans aboutir à un « match ». Mais selon nos informations, Rothschild & Co a repris le dossier en main il y a quelques mois pour tenter de raviver la flamme.
Ici, aucun fonds de private equity ne devrait se montrer intéressé. « Les seuls à pouvoir se positionner sont des concurrents, mais peu d’entre eux sont en état de le faire », estime un proche du dossier. Match Group - dont le cours de Bourse a fondu de 70 % au cours des cinq dernières années - fait office de candidat sérieux. La firme américaine, ultra leader sur le marché de la séduction en ligne, détient déjà Tinder, Match.com, Meetic (acquis pour 345 millions d’euros en 2011), OkCupid, Hinge, OurTime.com ou bien encore Plenty of Fish.
Happn ne manque pas d’atouts. Toujours dans le top 5 mondial des téléchargements d’applications de rencontre, elle est fréquentée par près de 4 millions d’utilisateurs chaque mois, essentiellement âgés entre 20 et 40 ans. Selon nos sources, elle a affiché un chiffre d’affaires de 37 millions d’euros l’an dernier, pour un Ebitda d’environ 5 millions. Depuis sa création, elle a levé plus de 30 millions d’euros auprès d’une multitude de fonds, toujours au capital. Alven Capital et l’anglo-saxon DN Capital avaient ouvert le bal en 2014, avec un tour de 8 millions de dollars, suivis un an plus tard par une levée de 12,5 millions menée notamment auprès d’Idinvest Partners (devenu Eurazeo) et de l’américain Raine Ventures. Ces derniers avaient remis au pot en 2017, aux côtés d’Havas. Rentable depuis 2019, l’application est dirigée par son ancienne directrice juridique Karima Ben Abdelmalek depuis trois ans. La manager aurait grandement contribué à faire de la jeune pousse une entreprise affichant plus de 15 % de marge d’exploitation.