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Tech - Télécom

Cloud : après Thales, Orange attaque VMware en justice

Comme le groupe de défense, l’opérateur télécoms s’insurge de la flambée tarifaire imposée par l’éditeur de logiciels californien. Aux États-Unis, son homologue AT&T évoque même une « extorsion ».

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VALERIE DUBOIS / Hans Lucas via AFP

La grogne contre VMware continue de monter dans la tech. Après Thales, c’est au tour de l’opérateur télécoms Orange d’assigner en référé devant le tribunal de commerce de Paris l’éditeur de logiciel. Dans cette procédure, commencée cet été et toujours en cours, la société française accuse le groupe a...

Ce changement soudain est intervenu après le rachat l’an dernier de VMware par Broadcom pour 61 milliards de dollars. Peu après le feu vert des autorités de concurrence, le repreneur a décidé de muscler la politique tarifaire : alors que les logiciels étaient traditionnellement vendus en une seule fois (sous la forme de licence perpétuelle), l’Américain veut non seulement basculer sur le modèle de l’abonnement mais en plus imposer des bouquets constitués de plusieurs outils (bundle). Interrogé, Broadcom se défend : « les plaignants utilisent la loi à des fins commerciales et politiques et nous attendons du tribunal français qu’il applique la loi et tranche en notre faveur, indique un porte-parole américain. Nous passons à un système d’abonnement, conformément aux usages du secteur. Nous avons annoncé cette décision et avons commencé à la mettre en œuvre il y a des années. Ces plaintes échoueront donc et nous continuerons à améliorer la technologie et à promouvoir la concurrence. »

Pour les plaignants, le but du repreneur est surtout d’augmenter le montant des factures afin de rembourser au plus vite sa coûteuse acquisition. De quoi susciter également le mécontentement d’organisations comme le Cigref, un regroupement de plus de 150 acteurs (Accor, Airbus, Michelin, le ministère des Armées…)   en France qui en appellent au régulateur européen. Et ce n’est pas tout. Le feu prend aussi aux États-Unis. La semaine passée, l’opérateur AT&T a attaqué en justice VMware en refusant « de se faire extorquer » avant finalement de trouver un terrain d’entente temporaire valable jusqu’au 9 octobre. Une simple concession de l’éditeur de logiciels conscient que le temps joue en sa faveur et que sa nouvelle politique s’appliquera dès que les anciens contrats prendront fin. Car même s’il existe des alternatives sur le marché, changer de fournisseur logiciel n’est pas si simple. « Migrer vers une solution alternative est non seulement coûteux mais peut aussi prendre un à deux ans pour les très grandes organisations », précise un spécialiste du cloud.

Contacté, Orange n’a pas souhaité faire de commentaire.