Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Tech - Télécom

Avant d’être cédée, la Poste Telecom affiche des profits records

L’opérateur mobile virtuel a enregistré les meilleurs résultats depuis son lancement en 2011. Il devrait être repris par Bouygues Telecom.

Philippe Wahl, PDG de La Poste, a décidé de céder son opérateur mobile à Bouygues Telecom.
Philippe Wahl, PDG de La Poste, a décidé de céder son opérateur mobile à Bouygues Telecom. Lafargue Raphael / Lafargue Raphael/ABACA

La Poste raccroche son téléphone sur de belles performances. En passe d’être cédé, son opérateur virtuel La Poste Mobile, a affiché l’an dernier un chiffre d’affaires de 308 millions d’euros en hausse de 8,6 % sur un an. Et sur la même période, son bénéfice net a été multiplié par près de 10 pour att...

Avant son départ, le sexagénaire a décidé de céder la participation majoritaire (51 %) de son entreprise dans cette activité née il y a treize ans d’un partenariat avec SFR (49 %). Des négociations exclusives ont été entamées le 22 février avec Bouygues Telecom sur une valeur d’entreprise de 950 millions d’euros. Une fois la cession réalisée, la marque sera conservée et continuera d’être proposée aux clients dans les 7 000 bureaux de la Poste répartis sur tout le territoire. L’histoire se termine mieux que celle de son service de livraison rapide à domicile, Stuart, vendu après une perte de 130 millions d’euros. Ou qu’avec sa banque en ligne, Ma French Bank, fermée pour un coût de 108 millions d’euros. « Mais cela ne signifie pas que nous avons renoncé à notre stratégie de diversification, qui reste indispensable face au déclin du courrier », a-t-il précisé lors de l’annonce des résultats annuels.

Concernant La Poste Telecom, tout n’est pas encore bouclé. L’opération n’aboutira que si SFR n’exerce pas son droit de préemption et si Bouygues Telecom décroche les autorisations administratives nécessaires, notamment auprès de l’Autorité de la Concurrence… Interrogé, l’opérateur au carré rouge indique qu’il n’a toujours pas été officiellement notifié de ce rachat mais que cela devrait être fait dans les prochains jours. Un processus nécessaire pour lui permettre de se positionner sur ce dossier. Dès notification, il disposera d’un délai de plusieurs mois pour activer l’une des trois options : donner son agrément, refuser ou exercer son droit de rachat des parts de la Poste.

Il est peu probable que Patrick Drahi surenchérisse sur l’offre de Bouygues Telecom. Lesté d’une dette de plus de 24 milliards d’euros, Altice France est sous pression des marchés financiers pour trouver du cash alors qu’il a perdu 315 000 abonnés mobiles et plus de 158 000 dans le fixe en 2023. Vendre ses 49 % dans la Poste Telecom pourrait lui permettre de récupérer 465,5 millions d’euros, une somme bienvenue dans les circonstances actuelles. Le groupe est déjà en train de se séparer de son pôle médias (BFM, RMC…) pour 1,55 milliard d’euros auprès de l’armateur CMA CGM et ses data center, réunis dans la structure UltraEdge, ont été cédés à 70 % à Morgan Stanley (pour une valeur d’entreprise de 764 millions d’euros). D’autres cessions pourraient intervenir comme celles de XpFibre (réseau de fibre optique) ou de Teads (régie publicitaire en ligne) comme l’a révélé l’Informé. Le produit de ces opérations doit permettre de réduire la dette mais Patrick Drahi a prévenu : il le fera uniquement si les prêteurs sont prêts à faire eux aussi des efforts en renonçant à une partie - de l’ordre de 30 % - de leurs créances. La manœuvre qualifiée de « chantage » par certains ne passe pas du tout comme une lettre… à la Poste.