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Antennes Huawei : Free Mobile perd contre SFR et Bouygues Telecom

L’opérateur attaquait en justice les autorisations délivrées par l’Anssi à ses deux concurrents pour installer des antennes 5G chinoises dans certaines zones géographiques.

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RICCARDO MILANI / Hans Lucas via AFP

Gros revers pour Free Mobile. Depuis plus de trois ans, l’opérateur essaie de faire annuler les autorisations obtenues par SFR et Bouygues Telecom de déployer des antennes 5G de marque Huawei dans certaines zones géographiques. Après avoir saisi en 2021 le tribunal administratif, sans succès, puis av...

Rappel des faits. En 2019, avant même le passage de la 4G à la 5G, le gouvernement avait adopté une loi anti-Huawei devant la menace potentielle que faisait peser le fabricant chinois sur la sécurité nationale. La société de Shenzhen est soupçonnée de pouvoir espionner les télécommunications, ou couper les services à la demande de Pékin en cas de conflits futurs. Bien que le constructeur n’a cessé de se défendre de ces accusations avancées sans aucunes preuves, il a été banni de certaines zones sensibles : Brest, Toulon, Toulouse, Rennes, Strasbourg où se trouvent, notamment des bases militaires et des industries de défense. Mais aussi Paris, un centre de décision politique et économique. Depuis, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (l’Anssi), un service rattaché au Premier ministre, délivre des autorisations de déploiement au cas par cas, pour une durée limitée, et uniquement aux opérateurs déjà habitués à travailler avec ce fournisseur.

C’est ce dernier aménagement que Free Mobile a essayé de faire tomber devant la justice, alors que lui n’a jamais utilisé d’équipement Huawei en France et ne le pourra donc pas à l’avenir non plus. L’opérateur détenu par Xavier Niel (par ailleurs actionnaire de l’Informé) reprochait à l’État d’accorder un feu vert à ses deux concurrents mais pas à lui, générant ainsi une discrimination, et donc un préjudice qu’il chiffrait à 233 millions d’euros. Mais les juges l’ont débouté pour des raisons de forme : selon eux, Free n’était pas légitime pour contester une décision qui concerne des concurrents, mais pas lui directement.

Parallèlement, le gouvernement a assoupli sa position anti-Huawei. Initialement, SFR et Bouygues Telecom avaient jusqu’en 2028 pour démonter, à leurs frais, les antennes chinoises (8 000 pour le premier et 3 000 pour le second) là où elles étaient interdites, et les remplacer par du matériel Nokia ou Ericsson. Les deux groupes ont réclamé une compensation financière à l’État en raison des coûts induits par un tel changement. Jusqu’à présent, SFR réclamait 772 millions d’euros, tandis que la filiale du groupe de BTP demandait provisoirement 82 millions d’euros. Mais un récent allongement des délais bien au-delà de la prochaine élection présidentielle de 2027 les a rassurés, comme l’a révélé l’Informé.

Huawei est déjà affecté par ces mesures. L’entreprise a affiché des résultats en fort recul dans l’Hexagone avec un chiffre d’affaires de 637 millions d’euros en 2023, en recul de 35 % par rapport à 2022. La société explique cette mauvaise performance par « la baisse des budgets d’investissement de nos clients opérateurs après plusieurs années d’investissement intensif dans les infrastructures 5G et fibre optique ». De même, le transfert des activités cloud dans une autre société a également pesé sur les résultats.

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