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Santé

Pharmacie : les grands projets de Juvisé tombent à l’eau

Le laboratoire voulait ouvrir son capital à un actionnaire minoritaire pour racheter le médicament d’une big pharma.

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Pour Juvisé Pharmaceuticals, c’est encore raté. Après avoir déjà recherché un partenaire financier minoritaire en 2022, la PME lyonnaise avait relancé le processus l’année dernière en vue de financer le rachat d’un médicament en proctologie actuellement détenu par la big pharma américaine Johnson & Johnson, a appris l’Informé. Mais selon nos informations, le projet est tombé à l’eau. Le dirigeant fondateur de Juvisé Frédéric Mascha, accompagné par la banque d’affaires Lazard, n’a pas réussi à trouver un investisseur dans les conditions exigées.

Bien plus qu’une simple croissance externe, ce projet devait permettre à l’entreprise tricolore de transformer son business model. Depuis son lancement en 2008, elle rachète discrètement aux géants du secteur les droits commerciaux de traitements matures qu’ils ne jugent plus prioritaires, pour mieux les exploiter. Elle s’est ainsi constitué un portefeuille en oncologie, en neuropsychiatrie, en gastro-entérologie et en cardiologie, en signant notamment des accords avec AstraZeneca, Novartis et AbbVie. Mais les discussions avec Johnson & Johnson (qui vient de céder les cosmétiques RoC à Bridgepoint) devaient lui permettre d’acquérir un médicament plus récent et en forte croissance, sur un segment de marché qu’il ne couvrait pas encore. Une réelle diversification. Avant lui, d’autres laboratoires ont pris ce virage, à l’instar de l’allemand Cheplapharm, du canadien Advanz Pharma ou bien encore du suédois Meda.

Le hic ? « Johnson & Johnson a préféré discuter avec d’autres potentiels repreneurs car le projet d’ouverture du capital de Juvisé ne s’est pas matérialisé dans le temps imparti », explique un proche du dossier. Plusieurs sources mettent en cause la gourmandise excessive du patron, qui aurait espéré une valorisation de Juvisé post-acquisition supérieure au milliard d’euros. Contacté, ce dernier n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations. « Le groupe aurait affiché entre 90 et 95 millions d’euros d’Ebitda post-acquisition, contre environ 70 millions sans elle », souffle un interlocuteur.

De multiples investisseurs s’étaient pourtant penchés sur cette entrée minoritaire au capital de Juvisé Pharmaceuticals, à l’image d’Eurazeo, de Blackstone ou de la famille allemande Albrecht, connue pour avoir cofondé la chaîne de magasins Aldi. L’opération aurait dû se traduire par un mix d’environ 300 millions d’euros, équitablement réparti entre une augmentation de capital et un reclassement de titres. Juvisé ayant déjà largement utilisé le levier de l’endettement pour grandir, elle pourrait cependant avoir besoin de revenir prochainement sur le marché du non coté pour financer ses prochains développements.