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Santé

LivMed’s, le Deliveroo du médicament, lève 3 millions d’euros

La start-up est ralentie dans son développement par l’Ordre des pharmaciens qui la poursuit devant les tribunaux.

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methaphum - stock.adobe.com

Spécialisée dans la livraison de médicaments aux particuliers, la start-up LivMed’s vient déjà de lever 3 millions d’euros sur les 6 millions prévus lors d’une levée de fonds de série A ; une émission d’obligations convertibles est aussi en cours. La société avait précédemment réuni 2 millions d’euros en 2021 puis 5 de plus fin 2022 auprès d’actionnaires prestigieux, dont CMA-CGM- ou Sanofi qui avait alors investi un million. Selon nos informations, le géant pharmaceutique a de nouveau souscrit à l’opération.

Mais la société niçoise traverse une phase délicate. Fin 2023 et début 2024, la société a connu des incidents de paiement de ses charges sociales, auprès de l’Urssaf et de l’Agirc Arrco, portant sur des créances avoisinant les 200 000 euros. La faute à « un problème sur le statut Jeune Entreprise Innovante de LivMed’s qui a été suspendu, assure la start-up. Cela a entraîné un rattrapage automatique sur un an. »

Cette créance devrait toutefois être effacée : suite un échange avec l’URSAFF, le statut JEI devrait de nouveau s’appliquer. Plus globalement, elle doit faire face à des besoins de recrutement importants, alors que ses revenus sont encore modestes. Malgré une hausse de 100 %, son chiffre d’affaires a avoisiné 2 millions d’euros seulement l’an dernier. « Pour 2024, nous prévoyons des ventes de 4 millions d’euros » anticipe toutefois la société.

Une croissance entravée par les poursuites juridiques

L’activité même de la start-up – livrer à domicile des médicaments avec et sans ordonnance, n’est pas du goût d’un certain nombre de professionnels du secteur. À commencer par l’Ordre des Pharmaciens : LivMed’s est poursuivie devant les tribunaux pour exercice illégal de la pharmacie et vente électronique illégale de médicaments.

En octobre dernier, le tribunal judiciaire de Paris, saisi en référé, a décidé de reporter sa décision, dans l’attente de celle de la Cour de Justice de l’Union européenne, concernant son concurrent Doctipharma. Une décision attendue au premier semestre 2024 mais certains estiment faible le risque pour la distribution en ligne de médicament sur ordonnance est faible, compte tenu des conclusions de l’avocat général plutôt favorables aux start-up.

« Le nombre de pharmaciens partenaires a recommencé à augmenter depuis la décision de justice du 26 octobre 2023, qui a rassuré le secteur », assure LivMed’s. Les pharmaciens recourant aux services de la jeune pousse avaient notamment été l’objet de campagne d’e-mails anonymes, les prévenant du risque d’un contrôle de l’Autorité Régionale de Santé.