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Santé

Biotech : la pépite française Orphalan dans le viseur de deux fonds

Grâce au Cuprior, son médicament phare, l’entreprise en partie détenue par Bpifrance surfe sur une croissance annuelle de 30 %.

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Infocuspix / sutlafk - stock.adobe.com

Orphalan. Le nom de cette discrète biotech développée sur la base de travaux de recherche à l’hôpital Lariboisière ne vous dit probablement rien mais elle figure parmi les plus prometteuses de l’écosystème français. Depuis 2017, elle a été autorisée par l’Agence européenne des médicaments à commercialiser sur le continent le Cuprior, un traitement d’entretien pour la maladie de Wilson - une pathologie créant des lésions au niveau du foie et du cerveau en raison de l’accumulation de cuivre dans l’organisme. Depuis, elle a aussi débarqué sur les marchés américain, britannique, suisse, colombien ou chiniois, et totalise aujourd’hui près de 65 millions d’euros de chiffre d’affaires, en croissance annuelle de 30 %. Un pari réussi pour Advent Life Sciences et Bpifrance, ses investisseurs historiques, qui ont entamé il y a quelques mois des démarches pour céder tout ou partie de leur participation, a appris l’Informé.

Dans ce processus piloté par Goldman Sachs, deux offres ont déjà été déposées. L’une, formulée par Partners Group, valoriserait la jeune pousse près de 400 millions d’euros, dont 180 millions en fonction de l’atteinte de jalons réglementaires. Mais jusqu’à la semaine dernière, c’est l’autre qui tenait la rampe. Celle d’un industriel espagnol qui avançait le même prix, avec toutefois une différence de taille : 100 millions étaient conditionnés à l’atteinte d’objectifs commerciaux. Une proposition très séduisante pour les actionnaires, d’autant qu’elle n’impliquait pas de réinvestissement de leur part. Logique européenne oblige, Bpifrance n’aurait pas trouvé son mot à redire à ce scénario, même s’il signifiait la disparition potentielle d’une société française, dont le principe actif est fabriqué par Sequens et les produits par Delpharm. Mais selon nos sources, le groupe ibérique a choisi de retirer son offre.

En dépit de cet aléa, l’enchère se poursuit et aurait permis d’y réintégrer EQT, qui scrute l’actif depuis plusieurs mois. En revanche, Archimed, un temps intéressé par le dossier, est resté hors du processus. La participation de Bpifrance dans une nouvelle opération aux côtés de l’un de ces fonds est à ce jour incertaine. Et par effet de rebond, l’ancrage tricolore d’Orphalan dans les années à venir l’est tout autant. La banque publique, qui devrait multiplier sa mise de départ par près de 10, avait investi en 2017 par le biais de deux de ces fonds : Innobio (notamment alimenté par Sanofi, Boehringer Ingelheim, Ipsen, Servier…) et le véhicule Biothérapies innovantes et Maladies rares, dont l’un des principaux souscripteurs n’est autre que l’AFM Téléthon.

Contactés, Partners Group, EQT, Rothschild & Co et la direction d’Orphalan n’ont pas souhaité commenter.