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Continuer la lectureCentres dentaires : acculé par sa dette, Dentego passe entre les mains de son créancier
Le numéro un français du secteur était détenu depuis 2017 par le fonds britannique G Square. La féroce concurrence et la période Covid ont eu raison de lui.
Le numéro un français des centres dentaires change de propriétaire… Contraint et forcé. Dentego est passé entre les mains de son créancier, Tikehau Capital, en lieu et place du fonds britannique G Square, a appris l’Informé. Un coup dur pour l’investisseur londonien qui a perdu plusieurs dizaines de millions d’euros dans l’affaire. Il était entré au capital en 2017 aux côtés des fondateurs James Cohen et Raphaël Tapiero, avec une promesse : offrir des soins de qualité « au juste prix », sans dépassements pour les soins conservateurs (détartrage, traitement des caries, dévitalisation dentaire…) et en tiers payant.
Créé en 2013, le groupe a commencé avec des centres implantés dans le XVIIe arrondissement de Paris, puis à Boulogne-Billancourt. Il s’est ensuite développé dans tout l’Hexagone, jusqu’à compter une centaine d’établissements. Mais le réseau a dû affronter des vents contraires, à commencer par une enquête de Cash Investigation pointant du doigt des surtraitements et des soins inutiles destinés à gonfler le chiffre d’affaires des centres. Surtout, la loi Bachelot de 2019, notamment destinée à lever les freins à l’installation de nouveaux établissements, a créé un appel d’air massif et déclenché une concurrence acharnée entre les groupes pour attirer les professionnels. Enfin, Dentego, comme ses concurrents, a connu d’importantes fluctuations de sa rentabilité en raison de la fin des importantes compensations financières versées par l’État lors de la crise du Covid-19.
Une dette de près de 200 millions d’euros
Le groupe avait tenté de se vendre il y a deux ans à Bridgepoint, qui avait émis une offre non ferme le valorisant près de 400 millions d’euros. Sans succès. A l’époque, l’écart abyssal entre l’Ebitda comptable et l’Ebitda run-rate (incluant les ouvertures et acquisitions en cours) du réseau avait refroidi plusieurs investisseurs. En début d’année, G Square s’était entouré de PJT Partners, Bain & Cie, Alvarez & Marsal et McDermott Will & Emery pour trouver une porte de sortie honorable, comme l’avait révélé l’Informé. Mais le poids de la dette - près de 200 millions d’euros (pour moins de 20 millions d’euros d’Ebitda) - a eu raison de ces travaux préliminaires et donnait de facto tout pouvoir à Tikehau Capital.
Cette crise touche la majorité des acteurs privés de ce secteur. En début d’année, Clinadent a été placé en redressement judiciaire. Soutenu par Qualium Investissement, ce groupe avait rebondi en cédant une demi-douzaine de ces centres dans l’Est à Dentego en juin. Peu après, le tribunal de commerce de Nanterre a approuvé ces plans de continuation, lui permettant ainsi de sortir de l’impasse.