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Médias - Culture

TF1 renégocie ses contrats avec ses bureaux régionaux

La Une s’appuie sur un réseau de prestataires locaux pour alimenter ses journaux télévisés ainsi que la Matinale de Bruce Toussaint, Bonjour.

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Frédéric BISSON / Wikimedia Commons

« Les régions sont la colonne vertébrale de ce projet », assurait Antoine Guélaud, producteur éditorial de « Bonjour ! » au lancement de la nouvelle matinale de TF1… Pourtant, moins d’un an après le début de la diffusion du programme, la Une a selon nos informations décidé de réduire sa présence sur le territoire. Alors que l’émission de Bruce Toussaint pouvait jusqu’ici compter sur un binôme de journalistes dans 11 bureaux régionaux, elle devra bientôt se contenter de 10 implantations locales. La réorganisation s’opère à l’Ouest : fini les équipes dédiées à Nantes et Caen, la matinale s’appuiera sur un seul service, à Rennes. , « On y recentre et renforce les équipes pour un meilleur rayonnement », nous indique-t-on du côté de TF1. « Il est surtout question de faire des économies », râle une source en région, qui estime à environ 250 000 euros le gain financier pour la chaîne dans l’affaire.

Bonjour ! pourra toutefois, épisodiquement, faire appel aux bureaux de Caen et de Nantes, qui restent en place pour fournir des sujets aux journaux de TF1. La rédaction de la Une s’appuie, en effet, sur une vingtaine de bureaux régionaux sous contrats, gérés par différentes agences comme Ebra Studios dans l’est de la France, Internep dans le Nord et dans l’Ouest, ou encore Fannyprod en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Mais le changement ne sera pas indolore pour la matinale : alors que l’émission est habituée à travailler au forfait - ils payent un montant fixe -, le reste de la chaîne paye au sujet. « Ça veut dire que si, dans le futur, la matinale veut un sujet à Nantes, TF1 paiera un extra, explique un journaliste, pour qui la pilule passe mal. Éditorialement, c’est une très mauvaise idée car la couverture sera moins bonne. Ça va se ressentir très vite que dans l’Ouest, il n’y a plus grand monde… »

L’annonce a donc surpris les équipes, d’autant qu’une dizaine de jours auparavant, une bonne nouvelle avait d’abord été annoncée aux agences régionales. TF1 leur a indiqué que le prix des sujets fournis pour le 13 heures, le 20 heures et les journaux du week-end allait être revalorisé, d’au moins 10 %. Si les négociations sont encore en cours avec chaque bureau, la mesure devrait être appliquée à l’ensemble du territoire. « Plusieurs agences vont mal, et TF1 craint que certaines mettent la clé sous la porte, explique un connaisseur du dossier. Ce serait terrible puisque l’ADN de la chaîne est fondé sur la proximité avec les régions. »

De son côté, un patron d’agence salue « un effort de TF1 pour valoriser des sujets qui nous prennent du temps », et croit voir une volonté de la Une de pérenniser Bonjour !. « Ils ont l’air confiants dans le discours qu’ils nous tiennent, ils intègrent la matinale à notre contrat global qui court pour au moins deux ans, ce qui est positif. » Selon Puremédias, l’émission a réalisé en septembre et en novembre des scores d’audiences supérieurs à ceux réalisés depuis le début de l’émission, avec 302 000 téléspectateurs entre le 16 septembre et le 15 novembre, soit 9,6 % du public âgé de quatre ans et plus.