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Continuer la lecturePublicis : le salaire du PDG Arthur Sadoun va bondir en 2026
Bien qu’ayant cédé sa place de numéro un mondial des agences de communication, le groupe français a décidé d’augmenter son dirigeant en raison de ses bons résultats. Au total, sa rémunération pourrait dépasser les 10 millions d’euros.
Deux ans après sa nomination comme PDG de Publicis, Arthur Sadoun voit sa rémunération exploser. En 2026, le dirigeant va bénéficier d’un salaire fixe en hausse de 20 % passant de 1,17 à 1,404 million d’euros a appris l’Informé. Une progression « modérée », selon le conseil d’administration, qui doit...
Cette augmentation en appelle d’autres par ricochet. En effet, le reste des éléments de la rémunération du quinquagénaire sont tous indexés sur cet indicateur. D’abord, le bonus variable (calculé en fonction de l’atteinte de certains objectifs) est plafonné à trois fois la part fixe, une limite atteinte en 2025 avec 3,51 millions d’euros versés. À cela s’ajoutent des actions gratuites de performance, pouvant aller jusqu’à 3,5 fois ce même salaire fixe (3,61 millions d’euros attribués cette année). Résultat : alors qu’Arthur Sadoun pouvait tabler au total sur un maximum de 8,8 millions d’euros en salaire et actions, il peut aujourd’hui espérer jusqu’à 10,5 millions.
Pour justifier sa décision, le comité des rémunérations de Publicis met en avant des écarts « disproportionnés » face aux principaux concurrents internationaux, avec un fixe (avant augmentation) « inférieur à la médiane du CAC 25 (les 25 plus grandes entreprises françaises), et à celle de ses homologues chez ses concurrents WPP, Omnicom et IPG ». Les administrateurs rappellent aussi les performances du groupe. Avec un bénéfice net en hausse de 19 % entre 2022 et 2025, le géant de la pub a vu sa capitalisation boursière grimper de 49 %. « Après revalorisation, sa rémunération resterait inférieure à celle des dirigeants des principaux concurrents du secteur, alors même que Publicis a sur performé au cours des six dernières années, avec une septième année consécutive attendue, et une capitalisation boursière de 20,4 milliards d’euros, la plus élevée du secteur », renchérit l’agence auprès de l’Informé.
À titre de comparaison, chez Havas, un concurrent cinq fois plus petit en termes de revenus et treize fois moindre en valeur boursière, Yannick Bolloré touche un salaire fixe de 1,5 million d’euros. « Cette proposition intervient après quatre années sans révision depuis 2022 », précise Publicis. Pour mémoire, Arthur Sadoun, lorsqu’il est passé PDG après le retrait de Maurice Lévy, a tout de même eu droit à un « golden hello » constitué de 167 000 actions, alors valorisées 9 millions d’euros. Officiellement, il s’agissait d’un « contrat de rétention » qui sera débloqué si l’intéressé est toujours présent dans l’entreprise fin 2027.
Et le reste des troupes ? Cette année, les employés ont aussi vu leur salaire augmenter mais dans une bien moindre proportion. Arthur Sadoun indiquait il y a quelques mois dans les Échos : « en 2025, nous avons réalisé 5 000 recrutements nets avec des augmentations moyennes de 7 % l’an passé pour l’ensemble des salariés. » Ses concurrents, eux, sont plutôt en train de licencier une partie de leurs effectifs. Omnicom supprime 4 000 postes, tandis qu’une restructuration est en cours chez WPP : elle vise à réaliser 500 millions de livres d’économies d’ici à 2028 afin de devenir une « entreprise plus simple, moins coûteuse et compatible avec l’IA ».
Bien qu’ayant perdu cette année sa couronne de numéro un mondial à la suite de la fusion d’Omnicom avec IPG, Publicis préfère réaliser des acquisitions ciblées plutôt que de grosses opérations capitalistiques, comme il a pu le faire par le passé avec Sapient en 2014. Une stratégie qui semble porter ses fruits puisque le revenu net au premier trimestre était en progression de 4,5 % sur un an, malgré le contexte économique incertain.