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Continuer la lectureLes ventes de l’éditeur de Fortnite s’effondrent
Epic Games International a tout de même versé 1 milliard de dollars de dividendes à sa maison mère. La société vient d’annoncer un plan de licenciement de 830 salariés.
Coup dur pour l’éditeur du célèbre jeu en ligne Fortnite. Le PDG d’Epic Games, Tim Sweeney, a pris la plume ce jeudi pour annoncer la suppression de 16 % des effectifs, soit 830 postes. « Depuis un certain temps maintenant, nous dépensons beaucoup plus d’argent que nous n’en gagnons, a-t-il indiqué dans un communiqué. J’avais longtemps été optimiste sur le fait que nous pourrions traverser cette transition sans licenciements, mais rétrospectivement, je vois que c’était irréaliste. »
Tim Sweeney ne triche pas sur les difficultés financières de son groupe. Si les données comptables de sa branche américaine restent secrètes, l’Informé a pu mettre la main sur celles de la société qui rassemble toutes ses activités dans le reste du monde. On y apprend qu’Epic Games International, basé au Luxembourg, a vu son chiffre d’affaires s’effondrer de 25 % en 2022, passant de 1,69 milliard de dollars en 2021 à 1,26 milliard de dollars en 2022. Un net recul qui pèse aussi sur les marges. Le bénéfice net de 115,8 millions d’euros est en retrait de près de 66 % sur un an ! Contacté, Epic Games n’a pas répondu à nos multiples sollicitations.
« Alors que Fortnite (70 millions de joueurs actifs chaque mois) recommence à croître, la croissance est principalement tirée par le contenu des créateurs avec un partage important des revenus, et il s’agit d’une activité à marge inférieure à celle que nous avions (...), a précisé le PDG dans son communiqué. Le succès avec l’écosystème des créateurs est une grande réussite, mais cela signifie un changement structurel majeur de notre économie. ».
Ces derniers mois, les dépenses des joueurs ont marqué le pas en raison de la forte inflation qui pèse sur le pouvoir d’achat. Malgré cette évolution, Epic Games International a tout de même versé un dividende d’un milliard de dollars à sa maison mère américaine a constaté l’Informé. Après ce paiement, la structure luxembourgeoise conserve toujours 556,6 millions de dollars dans ses caisses. Celle-ci porte les participations de près de 20 filiales à travers le monde que ce soit en Corée du Sud, au Japon, en Chine mais aussi en Allemagne, au Royaume-Uni, en Suède et également en France avec les éditeurs de logiciels Ka-Ra et Sketchfab.
Afin de se relancer, le groupe américain a décidé de se séparer de certaines activités récemment acquises comme Bandcamp, un magasin de musique en ligne d’artistes indépendants. SuperAwesome, une société de marketing en ligne, sera également cédée. Quelque 250 personnes sont concernées par ces deux opérations sur les 830 suppressions de postes annoncées. En revanche, il continue d’investir dans ses jeux connus comme Fortnite, Rocket League et Fall Guys et de miser sur les services apportés aux développeurs comme le célèbre moteur 3D, Unreal Engine, la boutique en ligne Epic Games Store, etc.
En parallèle, Tim Sweeney continue sa croisade contre Apple et Google dont les boutiques en ligne (l’App Store et le Play Store) prélèvent des commissions de 30 % sur toutes les transactions réalisées sur les iPhone et tous les smartphones équipés d’Android.
Le titre a été banni des deux boutiques depuis 2020 pour avoir tenté d’imposer son système de paiement. Face à ce qu’il qualifie d’un abus de position dominante, le PDG a saisi la justice américaine et européenne contre Apple. Pour l’heure, il a perdu plusieurs recours aux États-Unis mais pourrait obtenir gain de cause en Europe. « Voir Apple et Google figurer en tête du classement du secteur du jeu vidéo en chiffre d’affaires, gagnant des dizaines de milliards de dollars chaque année, est dégoûtant. Ils ne font pas de jeux ! Ils font payer un tribut indésirable et inutile aux jeux créés par d’autres », s’est-il plaint sur X.com le 24 septembre dernier.