Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Médias - Culture

IA : Denis Podalydès attaque une chaîne YouTube pour l’imitation de sa voix

Le sociétaire de la Comédie Française a réclamé devant la justice l’identité du propriétaire de « Voix Philosophiques » qui reproduisait sa voix par l’intelligence artificielle.

Photo
CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Denis Podalydès part en guerre contre Voix Philosophiques. Le 21 avril 2026, l’acteur a assigné Google Ireland Limited afin d’obtenir les données d’identification du titulaire de cette chaîne YouTube dédiée aux contenus philosophiques. Suite à une expertise menée par Whispeak, une société spécialisée...

Dans son ordonnance rendue le 2 juillet 2026, repérée par Me Alexandre Archambault, il a enjoint YouTube de communiquer à l’intéressé les nom, prénom, adresse et numéro de téléphone renseignés par le propriétaire de la chaîne, et à défaut son adresse IP et d’autres donnés horodatées sur les neuf derniers mois. Le magistrat a considéré que l’action en contrefaçon n’était pas nécessairement vouée à l’échec, dans la mesure où aucun texte ou jurisprudence ne fixe le statut de la génération de voix par intelligence artificielle : est-ce une forme de reproduction ou non, le droit ne le dit pas encore. Contactée, Me Marie Roumiantseva, l’avocate du sociétaire de la Comédie Française n’a pas répondu à nos sollicitations. À la barre du tribunal judiciaire de Paris, Google, représenté par Me Alexandra Neri, s’en est remis à la décision du juge.

La solution d’Eleven Labs permet de créer un modèle vocal à partir d’enregistrement audio, mais selon ses conditions d’utilisation, ces opérations ne doivent causer aucun préjudice ni violer leurs droits d’un tiers. Si elle n’a pas été partie prenante, la Société civile pour l’administration des droits des artistes et musiciens interprètes (Adami) surveille cette affaire comme le lait sur le feu. « Nous espérons une décision de principe. Les clonages de voix sont légion et se généralisent à grande vitesse. c’est aujourd’hui un enjeu pour l’ensemble du secteur culturel ». L’organisme de gestion collective (OGC) indique être « régulièrement sollicité » par plusieurs de ses artistes associés sur ces problématiques et réclame du législateur un solide cadre juridique « pour que l’IA ne puisse pas se développer au détriment du travail des artistes ». Un message partagé avec la Société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique (Sacem), le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) et la Société Civile des Producteurs Phonographiques (SCPP) dans une tribune publiée à l’occasion de l’édition 2025 de la Fête de la musique.