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Continuer la lectureL’agence d’influence Trends critiquée de toutes parts
De nombreux prestataires de cette société qui accompagne des marques comme Puma, Zalando ou Evian se plaignent de ses retards, voire absences de paiement. Sa récente implantation à Dubaï n’arrange pas son image.
« Groupe indépendant primé qui fait connaître sa marque dans le monde entier ». Voilà comment se présente sur Instagram Trends, « agence de marketing de notoriété qui booste votre créativité, vos datas et votre network ». Depuis 2016, la société organise pour ses clients - Uniqlo, Hinge ou encore Puma - des campagnes d’influence, en sollicitant notamment des créateurs de contenus pour promouvoir leur griffe. Créée à Paris, elle a ouvert une succursale à Tokyo en 2022, et annoncé en juin dernier son expansion à Dubaï.
Mais ce développement, loin de susciter une admiration générale dans le milieu, fait grincer bien des dents. « Quand j’ai vu qu’ils se lançaient glorieusement au Japon puis aux Émirats arabes unis, franchement… Payez-nous, et après vous pourrez dire que vous êtes les meilleurs ! », s’étrangle un de leurs partenaires. Agents, influenceurs ou prestataires, ils sont nombreux à le dénoncer : derrière les paillettes et les ouvertures à l’étranger, Trends, c’est surtout beaucoup de problèmes de paiements.
Anna*, par exemple, se souvient avec amertume de son expérience. L’influenceuse cumule plus de 80 000 abonnés sur Instagram, et explique avoir travaillé avec Trends pour promouvoir l’application de rencontre Hinge. Mais le paiement prévu pour son travail s’est fait attendre, malgré de multiples relances qu’a pu consulter l’Informé. Excédée, Anna a fini par publier sur Instagram une story évoquant ses difficultés avec l’agence. « Immédiatement, une dizaine de créateurs de contenus, chargés de relations presse et ex-employés de Trends sont venus vers moi et m’ont expliqué avoir eux aussi rencontré des problèmes avec eux », explique-t-elle à l’Informé. Suite à cette story, Anna a été payée, deux mois après l’envoi de sa facture. Tout comme Cassandre* qui a été réglée avec un an de retard après avoir dénoncé publiquement l’agence.
Sandrine*, pour sa part, après quatre mois et demi d’attente, a menacé la structure de les dénoncer publiquement : son virement est tombé dans la journée. De son côté, Jean-Baptiste Quesnay, le président fondateur de Trends, l’assure : « Une story n’accélère pas un paiement, nous privilégions les relations long termes et les factures sont payées dans l’ordre chronologique. » Pourtant, plusieurs créateurs de contenu nous ont assuré avoir été payés directement après avoir parlé publiquement de leurs problèmes.
Il y a deux ans, Amélie a dû batailler pendant un an pour recevoir son dû suite à une collaboration. « La marque en question m’a confié avoir décidé d’arrêter de travailler avec eux à cause de ces problèmes de paiement : surtout qu’elle payait l’agence, évidemment. » Selon nos informations, Trends a également été condamnée par le tribunal de commerce de Paris en juin 2023 à verser près de 16 000 euros à la plateforme de veille Aday pour des impayés. Rebelote en juin dernier : l’agence a été condamnée à verser plus de 7 000 euros à un prestataire qui lui avait organisé un cocktail. L’entrepreneur, tout comme son avocat Thibaut Stumm, assure n’avoir pas eu connaissance de ces décisions. Il ajoute qu’il va étudier immédiatement ces dossiers et se « constituer auprès du tribunal afin de faire opposition à ces jugements. » Aussi, Jean-Baptiste Quesnay promet : « Ceux qui m’ont amené en justice ont déjà été payés ou le seront. »
« Ils disent à qui veut l’entendre que tout est de la faute des marques qui les paient en retard », soupire Juliette*, cofondatrice d’une agence de management de créateurs de contenus. En effet, le patron de Trends explique ainsi ses difficultés auprès de l’Informé : « Pendant le Covid, notre agence a explosé, nous avons gagné un gros client et embauché beaucoup de monde. Sauf que nous devions toujours avancer les frais pour ce gros client, ce qui mettait notre trésorerie en difficulté. » Et d’ajouter, qu’en général, les marques à payer en retard leurs agences de marketing sont nombreuses, et sa société en a déjà poursuivi certaines en justice. L’Informé a dans ce cadre pu consulter deux jugements du tribunal de commerce de Paris, condamnant les sociétés Ben Klark et E-setera à lui verser plus de 20 000 euros. Enfin, « les retards de paiement dans le secteur sont très courants », plaide Quesnay.
Tous nos interlocuteurs le confirment : les retards de paiement sont légion dans le secteur. Mais beaucoup le soulignent : Trends bat tous les records dans cette catégorie. « Je peux comprendre qu’il y ait des problèmes de trésorerie sur un mois ou deux, ça arrive, reconnaît François*, manager de talents. Mais attendre autant pour être réglé ce n’est pas normal. » « J’ai jamais dû patienter aussi longtemps qu’avec eux », explique de son côté Lucile*, victime de plusieurs retards. « Ce qui est fatiguant c’est de les relancer encore et encore et qu’on te mène en bateau, s’exaspère de son côté Sandrine. Je ne peux pas dire à ma propriétaire que je vais la payer en bougies et en shampooings ! »
Certains acteurs en sont même venus à signaler les dérives de Trends à l’Umicc (Union des métiers de l’influence et des créateurs de contenu), fédération professionnelle du secteur. Sans vouloir commenter ce cas particulier, sa déléguée générale Bénédicte de Kersauson explique être familière de ce type de problème, échanger régulièrement avec la DGCRF pour cadrer le secteur, et organiser des formations pour expliquer à ses adhérents les bonnes pratiques. « Notre charte éthique mentionne le respect obligatoire des partenaires : un délai de paiement ne doit pas dépasser trois mois, et quand la problématique a un caractère répétitif voire systématique, l’acteur en question ne peut plus être représenté dans la fédération », explique la professionnelle. Trends n’a jamais été adhérent du syndicat.
Aujourd’hui, nombreuses sont les agences à refuser de collaborer avec Trends : « On est plusieurs à les avoir blacklistés, indique François, actuellement en procédure pour récupérer près de 8 000 euros. Plus jamais on ne travaillera avec eux. » « Je n’y irai pas si on me repropose un truc avec eux, quitte à passer à côté d’un contrat qui me fait envie », regrette Anna. « C’est affolant pour nous de se dire que ce sont des belles marques mais qu’on ne va pas bosser avec elles parce qu’elles sont gérées par Trends », s’exaspère l’agente de talents Juliette. Mais à en croire Thibaut Stumm, avocat de l’agence, « des centaines de clients sont ravis de leurs services et (...) des centaines d’influenceurs sont ravis de collaborer avec Trends ».
De son côté, Jean-Baptiste Quesnay assure que la situation est sous contrôle : « Nous faisons une très bonne année. On remonte à vitesse grand V toutes les factures qu’on a en retard depuis plusieurs mois, mais nous sommes une PME, une agence indépendante. Cela prend du temps. L’objectif est de ne plus avoir de factures en retard en décembre. » Et quid de sa récente installation à Dubaï, qui a agacé ses créanciers ? « Ouvrir là-bas permet de faire plus de business et de rembourser les gens plus vite, justifie Quesnay, en nous appelant depuis une ligne émiratie. Ça nous permet aussi d’économiser des charges sur nos salaires. »
*Prénom d’emprunt
Une réponse de la société Trends
L’agence TRENDS Paris souhaite répondre aux allégations ne reflétant ni sa réalité, ni son
engagement dans le secteur de l’influence. Cet article met en lumière quelques situations
particulières et marginales, sans prendre en compte l’ensemble des actions qu’elle mène
quotidiennement pour soutenir l’écosystème des marques et créateurs de contenu.
Depuis sa création en 2016, TRENDS Paris, une agence 100 % indépendante, a reversé plus
de 6 millions d’euros au marché de l’influence en activant plus de 2.000 partenariats payants
et en réalisant plusieurs milliers de collaborations en earned media. Ces chiffres témoignent
de son engagement profond et durable envers l’écosystème des créateurs de contenu et des
marques. Le retard de paiement de quelques factures ne saurait occulter la dévotion et le
soutien indéfectible qu’elle apporte au monde de l’influence.
Contrairement au portrait qui y est dépeint, TRENDS Paris n’est pas une “agence
d’influenceurs”. Elle est avant tout une agence de communication globale, avec une branche
créative dédiée à la mise en relation des marques et des influenceurs. Certains des clients cités dans l’article n’ont d’ailleurs jamais travaillé avec TRENDS sur son volet influence. A ce titre, la société Trends ne gère pas la carrière des influenceurs mais collabore avec un large réseau d’agences d’influence afin de faciliter les partenariats. Elle joue un rôle d’apporteur d’affaires dans l’écosystème des agences d’influence, en élaborant des collaborations stratégiques et créatives entre marques et influenceurs.
La société TRENDS a choisi de ne pas gérer directement les carrières d’influenceurs, afin de
rester impartiale et de proposer des solutions stratégiques sur-mesure à ses clients, les marques.
Les récentes ouvertures à Tokyo et Dubaï, mentionnées dans l’article, s’inscrivent dans une
stratégie visant à promouvoir la culture créative française à l’international. Cette expansion
ne se limite donc pas à des enjeux financiers mais reflète la volonté d’offrir aux artistes et
influenceurs français des opportunités au-delà des frontières nationales. Elle contribue
également à résoudre plus rapidement les défis mentionnés dans l’article, en renforçant notre présence sur de nouveaux marchés et en apportant notamment de nouveaux avantages
technologiques et créatifs aux influenceurs et annonceurs pour des collaborations plus
créatives et qualitatives.
La société TRENDS souhaite également souligner ses divergences de vision avec certains
acteurs du secteur, très souvent nouveaux venus dans le monde de la communication, à l’inverse de l’équipe de TRENDS qui travaille depuis plus de 15 ans dans ce secteur. C’est la
raison pour laquelle la société TRENDS n’a pas adhéré à l’UMICC. La société TRENDS se
considère comme une agence créative et se rapproche donc plus des démarches d’une
association telle que l’AACC (Association des Agences Conseil et création).
Fort de ces différents rappels, la société TRENDS tient aujourd’hui à assurer de sa volonté
constante d’améliorer tant l’expérience client que le paiement de ses prestataires qui sont au
cœur de ses préoccupations quotidiennes.