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Continuer la lectureJapan Tour 2023 : le PSG avait le droit de ne pas faire jouer Messi, Mbappé et Neymar
L’organisateur de la tournée estivale du Paris Saint-Germain avait refusé de régler au club l’intégralité de la facture prévue en raison de l’absence de ses trois stars sur le terrain. La justice lui a donné tort.
Le Japan Tour 2023 du PSG restera longtemps un mauvais souvenir pour le groupe nippon Circus. À l’été 2023, après le succès d’une première série de matchs dans l’archipel à l’été 2022, cet organisateur d’événements avait monté pour le club parisien l’une des tournées de préparation parmi les plus luc...
Circus, qui avait réglé 22 millions avant le début de la tournée, a ensuite refusé de payer la dernière tranche prévue au contrat (soit 2,85 millions). Colère du PSG, qui a assigné Circus en mars 2024 pour obtenir le règlement du solde. Mais le dossier n’en est pas resté là. Car l’organisateur s’est retourné contre le club le mois suivant, lui réclamant près de 23 millions d’euros à titre de dommages et intérêts, soit à peu de chose près le montant déjà déboursé. Le tribunal de commerce de Paris, saisi de l’affaire après l’échec d’une médiation close en février, vient de rendre sa décision a appris l’Informé. Il a jugé que le PSG n’était pas en faute dans ce dossier et devait en conséquence toucher l’intégralité de son dû. Circus a donc été condamné à régler le solde des sommes prévues au contrat, soit 2,85 millions d’euros. Le club a gagné ce match des prétoires en indiquant s’être engagé sur la participation de l’équipe sans identifier spécifiquement certains joueurs, à la différence de l’édition 2022 lors de laquelle le contrat était visiblement plus précis à ce sujet.
Au-delà de cette décision, le jugement lève le voile sur les coulisses financières de l’organisation d’un tel évènement. L’Informé a ainsi appris que le contrat entre le PSG et Circus, signé en janvier 2023, prévoyait de verser au PSG 4 millions d’euros par match joué (donc 12 millions au total), 7 millions pour les droits TV, 1 million de participation aux frais, et 850 000 euros pour divers accords de sponsoring régionaux. Soit 20,85 millions. Suite à des ratés dans l’organisation, les deux premiers matchs n’ont pu se dérouler à Tokyo comme prévu, le stade étant indisponible (tout comme le centre d’entraînement de Chichibu). Ils ont été relocalisés à Osaka. Sur proposition de Circus, un accord transactionnel assorti d’une indemnité supplémentaire de 4 millions a été proposé au PSG pour accepter ce changement de programme et aplanir des tensions naissantes. De quoi faire grimper la note à 24,85 millions au total, pour une semaine passée dans l’archipel.
La bonne entente entre les deux parties s’est arrêtée là. Le 1er juin 2023, première douche froide : le PSG annonce la fin du contrat de Lionel Messi (prévu pour expirer au 30 juin). Difficile, dans ces conditions, de l’imaginer revêtir la tunique rouge et bleue quelques semaines plus tard « ce que Circus, professionnel averti, ne pouvait ignorer », a taclé le tribunal. Deuxième star, deuxième coup dur : à l’époque en plein bras de fer avec Kylian Mbappé pour qu’il prolonge son contrat, le PSG décide de l’écarter du groupe, le privant de voyage au Japon. Les juges ont retenu une version un peu différente, mais qui ne change pas grand-chose sur le fond, précisant « que le PSG avait reçu le 22 juillet 2023 une offre de transfert émanant du club saoudien Al Hilal » et « que les usages de la profession font qu’un joueur qui a une offre de transfert à l’étude ne joue pas, afin de ne pas courir de risques excessifs ». Ce cas de figure (négociation d’un éventuel transfert) figurait d’ailleurs noir sur blanc dans les clauses contractuelles précisant les possibilités de non-participation au tournoi d’été.
Des recettes de billeterie en chute libre
Les malheurs n’arrivant jamais seuls, bien que présent au Japon, Neymar n’a pas non plus disputé les matches à Osaka et Tokyo. Circus souligne l’avoir vu « se distraire en boîte de nuit ». Dur à avaler pour un joueur censé être malade. D’autant qu’il a participé à une autre tournée, cette fois en Corée, quelques jours plus tard, le 3 août 2023. Le tribunal a pour sa part retenu que la convalescence du joueur était de notoriété publique et confortée par trois attestations dont une d’un membre du corps médical. Quant à la sortie nocturne reprochée, il ne s’agissait « en réalité que d’une sortie entre 17 h 00 et 23 h 00 dans le cadre de relations publiques ».
Pour Circus, l’absence inopinée de ces trois joueurs vedettes, « a gravement nui au succès de la tournée ». Il a déclaré avoir constaté une chute des recettes de billetterie de 31,6 % par rapport à l’édition 2022 qu’il avait également organisée, soit un manque à gagner de 5,6 millions d’euros selon ses calculs. Assez remontée, l’entreprise d’événementiel avait au total réclamé 23,1 millions d’euros de réparations, dont 12,5 millions d’euros de dommages et intérêts, le remboursement des 4 millions d’accord transactionnel, et 6,6 millions de réduction du prix du contrat. Autant de demandes rejetées donc en bloc par les juges consulaires.
En 2024, le Paris Saint-Germain a renoncé à sa tournée estivale prévue en Chine, en raison d’un calendrier international « très chargé ». Cette année, le PSG a prévu de retourner à Tokyo pour sa tournée estivale. Mais seulement avec sa section… handball. Contacté, le club nous a indiqué « ne faire aucun commentaire sur les contentieux commerciaux, passés ou en cours ». Circus, pour sa part, n’avait pas répondu à nos questions au moment de la publication.