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Continuer la lectureIDF1, applications mobiles... les diversifications ratées du producteur des Mystères de l’amour. Partie 2
Jean-Luc Azoulay aime multiplier les aventures… sans toujours trouver le succès. Il a récemment cédé les deux tiers de sa chaîne francilienne pour un petit euro seulement. Deuxième volet de notre enquête sur cet homme fort de la télé.
De la voyance en direct, des interviews réalisées par le célèbre animateur Jacky, des télénovelas à gogo… la programmation pour le moins originale de IDF1 avait de quoi surprendre dans le paysage audiovisuel français (PAF). Mais 15 ans après son lancement, le constat s’impose : la chaîne de télévision francilienne, diffusée sur la TNT, n’a finalement jamais su trouver son public.
L’homme derrière ce flop ? Jean-Luc Azoulay. Touche à tout, ce poids lourd du PAF - producteur des séries Les Mystères de l’amour, Capitaine Magellan, Astrid et Raphaëlle - multiplie les diversifications ces dernières années. Parfois avec un immense succès : il y a quelques jours, l’Informé vous racontait comment il avait transformé le feuilleton Camping Paradis en une véritable cash machine de l’hôtellerie en plein air. Mais ses aventures ne tournent pas toutes aussi favorablement. Propriétaire à 87 % de IDF1 - aux côtés du fondateur de Netgem Joseph Haddad (10 %), des publicitaires Bruno Kemoun et Eryck Rebbouh (3 %) et de l’Aquaboulevard (0,3 %) - l’homme d’affaires a décidé de céder fin 2022 les deux tiers de la chaîne au groupe de médias belge Rossel et à sa filiale, le quotidien gratuit 20 Minutes. Les deux acquéreurs ont récupéré 66 % de la chaîne pour… un petit euro, a appris l’Informé. L’explication ? « Nous avons enregistré de lourdes pertes par le passé, mais je crois qu’avec un nouveau positionnement centré sur l’information, cette chaîne peut rebondir », précise Jean-Luc Azoulay, qui conserve les 34 % du capital.
De fait, depuis son lancement en 2008, IDF1 a cumulé plus de 25 millions de déficits et épuisé moult patrons : outre Jean-Luc Azoulay, Marc Tessier, Michèle Cotta et Grégory Samak. Ce dernier avait été révoqué en 2010 pour « faute lourde intentionnelle ». Une décision qu’il avait contestée, avant de trouver un accord amiable avec son ancien employeur. Le chiffre d’affaires de 1,3 million d’euros en 2018 s’est quant à lui effondré à 338 000 euros l’an dernier, avec des pertes de 1,7 million d’euros. Il devenait donc urgent de trouver une solution. « L’idée est de faire évoluer IDF1 vers une chaîne d’informations, assez éloignée de ce que je sais faire. J’ai donc laissé les journalistes s’en occuper », ajoute Jean-Luc Azoulay (cf. encadré).
Mais ce n’est pas le seul loupé du businessman. Via sa holding JLA, l’investisseur s’est aussi essayé aux jeux vidéo. Son idée ? Décliner plusieurs de ses séries phares en diverses applications mobiles. Dans Camping Paradis par exemple, le joueur, aidé des personnages du feuilleton, est invité à développer son propre établissement. Avec la chanteuse star des Mystères de l’amour, Elsa Esnoult, le septuagénaire a aussi tenté une appli de karaoké. Mais ces incursions sur smartphones n’ont jamais fonctionné. La filiale JLA Jeux a enregistré jusqu’à 311 000 euros de chiffre d’affaires en 2017, avant de retomber à 10 700 euros en 2021, et a enchaîné les pertes depuis 2014.
Fin 2022, la structure a finalement été absorbée par JLA Productions. Sans que cela ne mette en péril le petit empire médiatique dont la holding conserve 12 millions d’euros de réserves de trésorerie. De quoi être serein. « Je tiens à rester indépendant dans la production, je ne cherche pas à vendre mon groupe ou à entrer en Bourse avec les contraintes que cela représente. Mon métier m’amuse et je compte bien que cela continue », conclut Jean-Luc Azoulay.
Contacté, Grégory Samak n’a pas souhaité s’exprimer sur les conditions de son départ, indiquant juste avoir vécu « une très belle aventure entrepreneuriale. »
Les ambitions du nouveau canal francilien
Le 30 mai dernier, IDF1 a laissé place à 20 Minutes TV sur le canal 32 de la TNT francilienne. Dirigée par Jean-Michel Lobry, PDG du pôle audiovisuel du groupe Rossel en France, la chaîne s’adresse aux jeunes urbains, avec des plans pour sortir, se restaurer, se déplacer et se loger. L’objectif est d’atteindre l’équilibre d’ici à 2025 ou 2026, après des pertes attendues de 600 000 à 800 000 euros cette année.
Diffusée en Île-de-France, comme BFM Paris, le Figaro TV ou encore le canal partagé entre TV Pitchoun, Télé Bocal et Night TV, la nouvelle chaîne 20 Minutes TV va devoir batailler dur pour se faire une place. « À côté des annonceurs à qui nous pouvons proposer des campagnes simultanées dans la presse écrite, sur le Web et à la télévision, je compte beaucoup sur les collectivités locales, explique Jean-Michel Lobry. Nous allons les démarcher pour signer des contrats d’objectifs et de moyens avec elles afin de développer des émissions sur le développement économique par exemple. Sans elles, nous n’y arriverons pas. » D’autres ont jeté l’éponge dans le passé (NRJ Paris, Cap 24, BDM TV…).