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Médias - Culture

François Sureau victime d’usurpation d’identité

L’avocat et écrivain François Sureau demandait le blocage d’un site internet qui utilisait son identité pour promouvoir des services juridiques fallacieux. Il vient d’obtenir gain de cause auprès du Tribunal judiciaire de Paris.

François Sureau, ici en 2013.
François Sureau, ici en 2013. ULF Andersen / Aurimages via AFP

Serait-ce la rançon de la gloire ? Invité régulier des chaînes télés et des stations radios, l’avocat François Sureau, également écrivain membre de l’Académie française et proche d’Emmanuel Macron, s’est imposé comme une figure du gotha parisien. Une chance ? Probablement, mais cette notoriété a aussi inspiré des petits malins sur internet. Il y a quelques semaines encore, les mots-clés « Sureau avocat cabinet » tapés sur Google renvoyaient vers une drôle de page web : « www.cabinet-fsureau.com ». Une plateforme de « service juridique en ligne », sans lien avec la célébrité du barreau de Paris, qui proposait des conseils en droit de la famille ou du travail. Se faisant passer pour le site d’un cabinet d’avocat classique, il affirmait être « inscrit au Barreau de France ».

La filouterie n’a guère plu à François Sureau. Estimant que ce portail utilisait son nom « sans son accord », l’écrivain et son conseil ont demandé à l’ensemble des fournisseurs d’accès à internet (FAI) français d’empêcher l’accès à cette page. « Ce site posait plusieurs problèmes, explique à l’Informé Matthias Pujos, avocat de Maitre Sureau. D’abord, il usurpait l’identité de mon client. Ensuite, les services proposés étaient en réalité des escroqueries. Il s’agissait donc d’un exercice illégal de la profession d’avocats ! » L’ordre des avocats du barreau de Paris s’est d’ailleurs joint à la procédure.

Demande de remboursement des frais de blocage

Le 21 décembre dernier, le Tribunal judiciaire de Paris a accédé à la demande de l’écrivain et enjoint les FAI de bloquer ce site. Une décision appliquée par Bouygues Telecom, Free, Orange, SFR ou encore La Poste Telecom. À l’exception de ce dernier, tous réclamaient la possibilité de se faire rembourser les frais de blocage, sans succès.

Auprès de l’Informé, Matthias Pujos s’est réjoui d’une décision « tout à fait satisfaisante et très cohérente sur le plan du droit ». Quant à l’escroc, difficile de l’identifier : un constat d’huissier a établi que le site web était exploité en Islande, sans pouvoir remonter à son gestionnaire. L’avocat de M. Sureau indique à l’Informé qu’une procédure pénale est en cours. Interrogé sur l’état d’avancement de l’enquête, le parquet de Paris n’avait pas répondu à nos questions à la publication de cet article.