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Grande conso

Le trouble business de la vente en ligne de Kbis menacé par Google

De nombreux sites proposant à la vente les extraits Kbis des entreprises payaient jusqu’alors le moteur de recherche pour apparaître en tête des résultats. Le géant du net compte supprimer toutes ces annonces.

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Recherche Google

Ils s’appellent Abosociete.fr, Inforepertoire.com, ou encore Docubiz.fr. Dès que vous cherchez l’extrait Kbis d’une entreprise, ces sites internet sont là pour vous les proposer en trois clics. À un prix défiant toute concurrence, qui plus est : de 90 centimes à 1,90 euro le document officiel attestant l’existence juridique d’une société en France. Ce tarif est deux à trois moins élevé que celui d’Infogreffe, seul portail habilité à éditer des informations certifiées. Mais ce que le chaland ne comprend pas toujours, c’est qu’en profitant de cette bonne affaire, il ne s’engage pas seulement à acheter un extrait de Kbis, il souscrit à un abonnement mensuel d’environ 60 euros, effectif dès la fin d’une période d’essai de 48 heures. Un business plutôt lucratif semble-t-il puisque Infonet.fr, un des leaders du secteur, a par exemple enregistré un résultat de 1,3 million d’euros en 2021.

De quoi laisser planer le doute sur la légalité de l’affaire. Soyons clairs, même la DGCCRF le rappelle, « rien n’interdit à un professionnel, qui ne dépend d’aucune administration publique, de proposer ce service (ndlr : effectuer des démarches administratives à la place du consommateur) moyennant une contrepartie financière ». À propos de l’abonnement, la répression des fraudes confirme aussi à L’Informé que, si les conditions financières sont bien visibles pour le consommateur lors de l’achat, le procédé est tout à fait légal. Reste que de nombreux internautes ont pourtant la sensation de s’être fait berner… Sur Signal Arnaques ou Trustpilot, des utilisateurs font d’ailleurs passer des messages. Comme ce consommateur qui dit n’avoir compris s’être abonné qu’après avoir été débité de 69 euros.

Une décision radicale

Ces particuliers ont pu être mis en confiance par l’excellent référencement des sites litigieux sur Google. En recherchant « obtenir Kbis », « extrait Kbis » ou tout simplement « Kbis », l’internaute tombe, d’abord, sur ces adresses contestées, avant même celle d’Infogreffe.fr : lors de notre test, le site officiel n’arrivait qu’en cinquième position voire plus. La raison ? Les sociétés éditant Abosociete.fr, Docubiz.fr ou encore Inforepertoire.com, souvent domiciliées à l’étranger d’ailleurs, dépensent massivement en publicité pour ressortir tout en haut des résultats. Certains débourseraient parfois des centaines de milliers d’euros en un mois.

Mais cela pourrait ne pas durer. En mai 2020, Google a édité un nouveau règlement sur les services publics. Le texte spécifie clairement que le moteur de recherche n’autorise plus « la diffusion d’annonces faisant la promotion de documents et/ou de services qui peuvent être obtenus directement auprès d’une administration publique ou d’un prestataire délégué ». Alors que l’Informé s’est étonné de la non-application de ce cadre, le géant du net nous a affirmé avoir pris la décision radicale de supprimer l’ensemble des publicités mises en cause, considérant que le comportement des sites afférents enfreignait bien ses normes. Ce que réfute par exemple Julien Dupe à la tête d’infonet.fr, estimant « respecter scrupuleusement les règles ». Et Google d’ajouter une donnée importante : en 2021, plus de 3,4 milliards de publicités ont été supprimées du moteur de recherche pour violation de ses règles.

À l’heure où nous publions cet article, des annonces sont toujours actives. Interrogé, Google admet qu’il reste du travail et nous indique continuer à surveiller le sujet et à prendre les mesures nécessaires. De quoi sacrément mettre à mal un business polémique.