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Continuer la lectureDogman : le pactole de Luc Besson
Le réalisateur auteur producteur touchera un important minimum garanti en tant que réalisateur et scénariste, puis un pourcentage sur chaque ticket vendu.
C’est le grand retour de Luc Besson. Quatre ans après la sortie – et l’échec- de son dernier opus, Anna, son nouveau film arrivera en salles mercredi 27 septembre. Tourné au printemps 2022, Dogman vient d’être présenté au festival de Venise, où il n’a pas obtenu de récompense mais a été plutôt bien a...
Les résultats au box-office permettront de savoir si le nom de Luc Besson attire à nouveau les foules… et déterminera aussi la rémunération de l’artiste pour ce long-métrage. Celle-ci comprend en effet un minimum garanti (versé dans tous les cas de figure) et une part variable indexée sur le succès du film. Selon les contrats obtenus par l’Informé, notre homme est assuré de toucher près d’un million d’euros : 495 000 euros comme réalisateur, plus 495 000 comme scénariste. La rémunération fixe atteint ainsi le plafond maximal (990 000 euros) établi en 2014 par le Centre national du cinéma (CNC) pour bénéficier de subventions publiques, limite qui avait été instauréz suite à la polémique sur les cachets trop élevés des stars.
Mais à partir d’un million d’entrées, le réalisateur touchera 0,5 euro de plus pour tout ticket vendu. Puis, si le film est amorti, il percevra 10 % des recettes nettes part producteur (c’est-à-dire après reversements aux salles, au distributeur et aux coproducteurs). Enfin, s’il reste encore des recettes après avoir remboursé le coût de production, réglé les avances des distributeurs, payé les coproducteurs, etc. Luc Besson en empochera 50 %, avec un plafonnement à 1,7 million d’euros.
Un joli pactole, toutefois inférieur à la rémunération que le cinéaste pouvait exiger. En effet, Luc Besson a signé en 2020 un accord avec son studio EuropaCorp et son principal actionnaire, le fonds américain Vine, selon lequel il peut réclamer au moins 400 000 dollars pour chaque scénario, et au moins 2 millions de dollars pour toute réalisation. Mais, s’il avait demandé l’application de ce contrat, il aurait touché 2,4 millions de dollars, soit plus que le plafond du CNC (990 000 euros), et le film aurait donc perdu les aides publiques…
Dogman ne fait pas seulement les affaires de Besson. L’acteur principal, l’américain Caleb Landry-Jones, a touché un million de dollars. Pour payer tout ce petit monde, le réalisateur a réuni un budget de 20,4 millions d’euros. Cela fait du thriller le 4e film le plus cher produit l’an dernier en France… mais cela reste très inférieur à Lucy (49 millions). Anna (30,7 millions), et surtout Valerian (197 millions), pour lequel le cinéaste avait d’ailleurs empoché 5,5 millions.
Où Besson a-t-il trouvé l’argent ? « Je suis allé voir les trois ou quatre partenaires qui me suivent habituellement, a-t-il raconté à Paris Match. TF1 et Canal+ m’ont dit oui en 24 heures. » Selon cinefinances.info, la Une (qui a financé 50 des 90 productions Besson) a apporté 3 millions d’euros, tandis que la chaîne cryptée (qui a soutenu 82 de ses œuvres) a versé 2 millions. Le reste est venu d’avances de la part des distributeurs : Apollo Films pour la France (600 000 euros), Fundamental pour la Chine (un million), et l’américain Village Roadshow, lui aussi détenu par Vine (1,7 million). Un distributeur américain doit aussi être annoncé prochainement.
Rapatriement
Cette rentrée d’argent reste bienvenue pour Luc Besson, qui a récemment perdu une importante source de revenu. Depuis qu’il était devenu résident américain en 2015, son studio EuropaCorp lui versait un million de dollars par an d'indemnités d’expatriation à Hollywood. Mais le réalisateur a indiqué à Variety être revenu à Paris. Il a donc renoncé à ce chèque, précise son porte-parole. L’artiste continue toutefois de toucher 600 000 dollars par an comme directeur artistique de son studio EuropaCorp.
Il rejoint les tous nouveaux bureaux d’EuropaCorp. Le studio a quitté la cité du cinéma de Saint Denis, où il était installé depuis 2012, car le lieu doit accueillir le coeur du village olympique lors des JO. La société vient d’emménager dans de nouveaux locaux dans le 8ème arrondissement de Paris.